Déroulement des opérations militaires
Un rapide résumé chronologique des principaux événements et faits de guerre de cette "année terrible", selon le mot de Victor Hugo.
2 juillet 1870 -Annonce de la candidature du prince Léopold de Hohenzollern au trône d'Espagne.
5 juillet 1870 -Le ministre français des affaires étrangères, le duc de Grammont, prononce un discours agressif à la tribune du Corps législatif.
7 juillet 1870 -Demande de la France à la Prusse du retrait de la candidature du prince Léopold de Hohenzollern.
13 juillet 1870 -Dépêche d'Ems modifiée par Bismarck de façon à provoquer le Gouvernement de la France.
15 juillet 1870 -Guillaume 1er décrète la mobilisation. Les crédits de guerre sont votés par le corps législatif français.
17 juillet 1870 -L'Italie fait savoir qu'elle ne soutiendra la France que si l'Autriche fait de même et seulement si les troupes françaises qui occupent Rome depuis 1847 pour protéger les possessions du Pape évacuent la ville.
19 juillet 1870 -La France déclare la guerre à la Prusse.
20 juillet 1870 -L'Autriche se prononce pour la neutralité.
Le 22 juillet 1870 à Kehl, les Badois rendent indisponible le pont enjambant le Rhin et qui franchit la frontière entre la France et l'Allemagne en détruisant avec des explosifs la partie du pont tournant située sur leur rive.
23 juillet 1870 -Un détachement d'infanterie prussienne franchit la frontière à Schreckling. Les douaniers Mouty et Lejust résistent en faisant feu sur les Prussiens qui répliquent tuant Mouty et laissant pour mort Lejust atteint de trois coups de feu et qui survivra à ses blessures. Pierre Mouty sera la toute première victime française de la guerre de 1870.
24 juillet 1870 -L’escadre du Nord du vice-amiral Bouët-Willaumez appareille de Cherbourg pour la mer Baltique pour une expédition qui, selon les plans de guerre français devait y emmener une force de débarquement de 30.000 hommes. Cette flotte est composée des frégates cuirassées la Surveillante, la Gauloise, la Guyenne, la Flandre, l'Océan, la Thétis, la Jeanne D'Arc, et d’un aviso, le Cassard. Finalement, cette opération n'aura pas lieu car le succès rapide des armées allemandes, mobilisant toutes les ressources françaises pour la défense du territoire, la fait abandonner et cette campagne se trouve transformée en un simple blocus. Une troupe de cavaliers badois franchit la frontière de Lauterbourg pour aller espionner dans les lignes françaises. C’est le capitaine Von Zeppelin qui commande ce groupe. Après avoir traversé le village de Lauterbourg, sabre en main, la troupe a détruit le télégraphe sur la voie ferrée reliant Wissembourg à Strasbourg. A Trimbach se déroule la première escarmouche de la guerre entre la patrouille de Graf Zeppelin, le lancier Toussaint et le gendarme Koehler.
25 juillet 1870 -La troupe de six éclaireurs commandée par le comte Von Zeppelin est surprise dans une auberge alsacienne à Schirlenhof, il y a un tué de part et d'autre. Les Allemands sont faits prisonniers, mais le comte Zeppelin, le futur aéronaute et inventeur, qui deviendra aussi général, parvient à s'enfuir.
27 juillet 1870 -Les places de Metz, Thionville, Phalsbourg, Verdun, Montmédy, Bitche, Longwy et Toul sont déclarées en état de siège. Journée de prière et de pardon en Prusse à l'occasion de la guerre prochaine. Trois escadrons du 2ème régiment de Hussards qui bivouaquaient à Thionville participent à une forte reconnaissance armée en Allemagne. Après avoir franchi la frontière à Sierck-les-Bains et occupé le village de Perl, ils détruisent les installations télégraphiques.
28 juillet 1870 -l'Empereur Napoléon III prend le commandement de l'Armée du Rhin et se rend à Metz. La régence est assurée par l’impératrice Eugénie. L'armée française, environ 285.000 hommes, est en cours de concentration, dans le plus grand désordre, à Metz et à Strasbourg.
29 juillet 1870 -Accrochage près de Breidenbach en Moselle, entre une patrouille française et une patrouille du 5ème Dragons à une dizaine de kilomètres au nord de Bitche.
31 juillet 1870 -L’empereur Guillaume 1er part pour l’armée. Trois armées allemandes, soit un total de 380.000 hommes sont, à l'ouest du Rhin, en phase finale de concentration à la frontière et s’apprêtent à passer à l’offensive sous la direction générale du grand état-major de Moltke. Leur objectif est la destruction des armées françaises puis la prise de Paris. Elles disposent pour cela d'un soutien logistique efficace et d'une parfaite connaissance du dispositif ennemi.
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Le 1er août 1870 des chevau-légers et des soldats du 12ème prussien, un groupe d’une cinquantaine d’hommes, est attaqué à Sturzelbronn par des éléments de l'infanterie française et doit battre en retraite. Un hussard Allemand est capturé alors qu'il soignait son cheval blessé.
2 août 1870 -"La reconnaissance offensive" de Sarrebruck, seule incursion des français chez l'ennemi, est un petit engagement sans réelle portée. La presse française trop pressée de rassurer l'opinion publique transforme maladroitement ce très court succès en grande victoire.
3 août 1870 -La troisième armée prussienne entre en Alsace. Commandés par le prince de Prusse Frédéric-Guillaume ces 60.000 hommes s'installent à Wissembourg et sur la Lauter.
4 août 1870 -"La surprise de Wissembourg" a lieu quand, vers 9 heures du matin, la 3ème armée allemande attaque la division du général Abel Douay qui avait reçu l'ordre d'avancer vers Wissembourg et dont les reconnaissances mal faites, l'avaient laissé dans l'ignorance des dispositions de l'ennemi. Les Français, surpris au campement se défendent bien mais, bientôt, succombant sous le nombre (10.000 hommes contre 40.000) ils doivent se replier. Le général Douay ordonne la retraite est tombe mortellement blessé par un obus. Faute de liaisons efficaces, la retraite se fait dans le désordre. Certaines compagnies, encerclées dans Wissembourg, doivent se rendre. La résistance se poursuit sur les hauteurs en s'appuyant sur le château du Geisberg où une partie des Français se sont retranchés. Ces lignes cèdent vite sous les vagues allemandes et le château est bientôt isolé. Soumis au feu nourri de l'artillerie prussienne, ses défenseurs n'ont plus qu'à capituler. Les Allemands détruisent la porte de Landau et pénètrent dans la ville. Le maire fait hisser le drapeau blanc et la garnison dépose les armes. A 15 heures tout est terminé, les Français ont perdu 2300 hommes et les Allemands 1551.
5 août 1870 -Le rappel du corps expéditionnaire français, qui protégeait le pouvoir temporel du pape Pie IX en occupant la ville sainte, permet à l'armée italienne d'occuper sans combat la ville de Rome, dont les habitants votent par plébiscite leur réunion au royaume d'Italie.
6 août 1870 -La bataille de Wœrth-Frœschwiller est déclenchée sans la décision des états-majors sur l'initiative des Allemands. Les forces allemandes sont installées sur la rive Est de la Sauer et celles de l'armée française, dont les effectifs sont bien inférieurs, sur les hauteurs du plateau de Froeschwiller, entre Langensoultzbach et Morsbronn-les-Bains. Aucun des deux belligérants n'a l'intention de livrer bataille ce jour là, mais des accrochages près de la rivière, à Woerth, provoquent le déclenchement des hostilités. Les choses deviennent sérieuses lorsque vers 9 heures, le chef d'état-major du 5ème corps d'armée, le colonel von der Esch, constatant que les Bavarois sont accrochés au nord, et craignant qu'ils ne se fassent bousculer, engage son corps d'armée, sans même se référer à son chef (le général von Kirchbach) et met en batterie 108 pièces prussiennes contre les 48 canons et 12 mitrailleuses disposées sur les hauteurs de Froeschwiller. Rapidement, l’artillerie française, impuissante, décroche et se retire et à 11 heures, les positions françaises sont pilonnées par 156 bouches à feu. L'armée française résiste bien et les fameux "Turcos", les tirailleurs algériens, font des prodiges de courage mais peu à peu, l'armée française perd du terrain. Bientôt ces combattants sont en danger d'être totalement encerclés. Les célèbres charges, dites de Reichshoffen, des cuirassiers des brigades Michel et Bonnemain lancées pour les dégager sont des échecs. Ces magnifiques cavaliers sont sacrifiés vainement. Mac-Mahon vaincu doit faire sortir son armée d'Alsace et il bat en retraite vers le camp de Châlons-sur-Marne. Les pertes sont lourdes 8200 tués et 1370 disparus côté allemand et presque 11.000 Français hors de combat et 9000 prisonniers. Le même jour, Forbach-Spicheren est le théâtre d'une nouvelle défaite. L'Armée de Lorraine est attaquée par les Prussiens. Le général Frossard demande à Bazaine des renforts que ce dernier ne lui fournira pas. Frossard décide alors de rompre bien que cela ne soit pas absolument nécessaire car il a surestimé les forces allemandes. La mauvaise nouvelle de ces deux revers en Alsace et Lorraine provoque la chute du ministère Ollivier.
7 août 1870 -Hagenau, Sarrguemines et Forbach sont occupés par les Allemands. Combats d'arrière garde sans gravité lors de la retraite à Niederbronn et Reichshoffen. A Paris l'état d'occupation est proclamé.
8 août 1870 -Les hommes de 30 à 40 ans sont incorporés dans la Garde nationale. Début du siège de Bitche, la ville résistera héroïquement jusqu'en mars 1871. La ville de Phalsbourg est assiégée, elle refusera de se rendre et subira quatre bombardements dont celui du 14 août qui commença vers sept heures pour s'achever à 18 h alors que la ville entière était en feu. Le siège durera quatre mois et finalement, la ville, à bout de vivres, consentira à se rendre aux prussiens le 14 décembre 1870.
9 août 1870 -En Alsace, la petite citadelle de La Petite-Pierre est occupée par les Allemands. Le château de Lichtenberg qui était assiégé par les troupes wurtembergeoises est détruit par un gigantesque incendie. Quelques patrouilles allemandes approchent de Metz. Le Commandant Uhrich refuse la reddition de Strasbourg. Combat, au corps à corps au sabre et à la lance dans Boulay, en Moselle, entre un détachement français du 2ème hussard composé de 30 à 40 cavaliers et un groupe de uhlans prussiens. Les chefs des deux groupes sont tués et reposent au même cimetière de Boulay.
10 août 1870 -Le nouveau Gouvernement dirigé par le général Cousin-Montauban, comte de Palikao, prend des mesures pour tenter de sauver la situation et décrète l’appel de la classe 1870. La ville de Verdun est mise en état de siège.
Le 11 août 1870, -L’amiral Fourichon, après avoir protégé les transports de troupe venant d'Algérie, arrive à bord de la frégate cuirassée «Magnanime» devant Helgoland en mer du Nord et bloque la flotte prussienne réfugiée dans la baie de Jade et les ports de Brême et de Hambourg. Ce même jour, la France, la confédération de l'Allemagne du Nord et l'Angleterre signent un traité réaffirmant l'indépendance et la neutralité de la Belgique et s'engagent à une intervention militaire contre celui des deux belligérants qui envahirait sont territoire.
12 août 1870 -Le maréchal Bazaine prend le commandement de l’Armée du Rhin réduite aux corps d’armée de Lorraine et Mac-Mahon assure le commandement des trois corps en retraite depuis l’Alsace vers le camp de Châlons-sur-Marne. Sans défense, la Ville de Nancy, est occupée par les Prussiens. Début du siège de Strasbourg qui cessera le 28 septembre 1870. Ce même jour, à Pont-à-Mousson la brigade Margueritte avec les 1er et 3ème régiments de chasseurs d'Afrique, surprend le régiment prussien de hussards du prince royal. Ce succès local est sans lendemain les Prussiens y revenant le jour suivant, grâce d’ailleurs à la négligence du génie français qui oublie de faire sauter le pont.
13 août 1870 -Pont-à-Mousson est conquise par les Allemands après de faibles combats. La ville de Nancy est vidée de ses résidents français et occupée par les Allemands. Bazaine devient généralissime des armées impériales. L’armée allemande, profitant de la retraite du maréchal Bazaine vers le camp de Châlons-sur-Marne, occupe la vallée de la Nied. Elle traverse la Nied à Pont-à-Chaussy, et occupe, entre autres, le château d'Urville et la gare de Courcelles-Chaussy à 17 km au Sud-Est de Metz.
14 août 1870 -L'Armée du Rhin constituée des restes de l'Armée de Lorraine et commandée par le maréchal Bazaine se dirige vers Verdun quand, subitement, à 15h30, l’avant-garde du 7ème corps prussien, s’élançant d'Ars-Laquenexy vers Colombey, ouvre une nouvelle fois sans ordre, le combat de Borny. L'engagement prend de l'ampleur, de chaque coté de nouvelles unités sont engagées et la bataille se poursuit jusqu'à 21 heures. Les Allemands décrochent et les Français, malgré de lourdes pertes, pensent avoir remporté une victoire certaine. Ce combat est en réalité assez néfaste pour l'armée de Bazaine dont elle retarde la retraite sur Verdun tandis que les Allemands tirent de cette rencontre un sérieux avantage en retardant le passage de la Moselle par les Français ce qui permettra à l’armée du prince Frédéric Charles (2ème armée) d’arriver avant l’armée de Bazaine sur le plateau de Gravelotte et de lui barrer ainsi la route. Malgré la courte durée de ce combat, les pertes sont considérables, en particulier du coté allemand. Le général Decaen blessé ce 14 août est emporté à l'ambulance et y meurt quelques jours après. Le maréchal Bazaine est légèrement contusionné à l'épaule par un éclat d'obus. La bataille de Borny sera nommée bataille de Colombey - Nouilly par les Allemands.
15 août 1870 - C'est le jour de la fête nationale mais il n'y aura aucune célébration, la France étant en guerre avec la Prusse ; chaque commune est invitée à célébrer des prières publiques pour le monarque et l'armée. Le blocus des côtes allemandes en mer du Nord et en mer Baltique est proclamé. Les uhlans prussiens atteignent Commercy. Strasbourg est complètement encerclée, le général von Werder prend le commandement du siège de la place forte et déploie ses troupes autour de la ville. Il dispose de 60.000 hommes et d’une artillerie de siège forte de 34 batteries alors qu’à Kehl sont déployées 6 batteries. Après un siège de trois jours, la ville de Marsal est conquise et occupée par les Bavarois. Le commandant de la place, Leroy, capitule, mais oublie de noyer ses poudres et d'enclouer ses pièces qui, récupérées aussitôt, sont traînées devant Toul, assiégée, par les cultivateurs réquisitionnés de la région. Dans la nuit du 15 au 16 août 1870 une colonne de 5000 Prussiens attaque Thionville avec l'espoir de surprendre le fort. Prévenu en temps utile, la garnison repousse la colonne ennemie avec le concours de l'artillerie de la place. Les Prussiens ne tentent pas de renouveler l’assaut et se contentent d'observer la ville. Charles Ardant du Picq écrivain et penseur militaire de grande renommée est gravement blessé à Longeville-lès-Metz, il mourra à l’hôpital militaire de Metz le 18 août 1870. Le 5ème régiment d'infanterie bavarois tente de prendre la ville fortifiée de Toul mais il est repoussé par les défenseurs français. Les assaillants bavarois perdent environ 700 hommes et les Français une trentaine.
Le 16 août 1870 au matin une grande bataille débute à Rezonville-Mars-La-Tour, les Français encore au bivouac sont attaqués par les Allemands. Vers 10 heures, le corps du général Canrobert est attaqué à Vionville par le 3ème Corps prussien commandé par Von Alvensleben. Le corps du général Le Bœuf est engagé à son tour vers midi. Les Français se regroupent et font face aux unités prussiennes. La bataille tourne alors en mêlée confuse. Les assauts prussiens sont contenus par l’artillerie adverse. Au début de l’après-midi, le 2ème corps français est relayé par le 6ème corps et par des éléments de la Garde impériale, commandée par le général Bourbaki. Les troupes prussiennes sont à bout et la bataille semble tourner à l’avantage des Français. Mais des renforts allemands arrivent en fin d’après-midi. Ces derniers lancent alors les cuirassiers et les uhlans dans la bataille. Cette charge fantastique transperce à deux reprises les lignes françaises, mais sonne le glas d’une grande partie de l’élite de la cavalerie prussienne. Le général Frossard lance à son tour les cuirassiers de la Garde impériale sur la partie gauche du champ de bataille. C'est le dernier grand affrontement de cavalerie d’Europe. Les Français gardent l’avantage et gagnent du terrain. Comprenant qu’ils sont désormais sur le point d’être battus, les Allemands lancent une dernière offensive sur leur flanc droit, pour éviter l’encerclement. Piégés par le relief et par la présence de renforts français insoupçonnables derrière la crête, leurs troupes sont décimées et battent finalement en retraite désordonnée, à la merci de la chasse lancée par les Français. A la fin de la journée, les deux armées bivouaquent à quelques centaines de mètres l’une de l’autre. L’attaque allemande a été repoussée. L’armée française reste maîtresse du champ de bataille et dispose d’un avantage numérique. Bazaine peut alors choisir, soit de poursuivre les combats le lendemain avec l’appui de renforts venus de Metz, avec de bonnes chances de battre l’armée du prince Frédéric-Charles, soit de profiter de l’avantage de son camp pour rejoindre Verdun puis Châlons. Mais contre toute attente, il ordonne le repli de tous les corps sur le flanc ouest de Metz entre la Moselle et l’Orne, prétextant un manque de vivres et de munitions. Il laisse ainsi aux Prussiens la possibilité de continuer vers le nord-ouest et de barrer définitivement la route de Verdun. Les pertes sont lourdes pour les deux camps : 15.790 Allemands et 16.959 Français. Ce même jour une grande partie de la population civile de Toul prend la fuite, avant l'investissement complet de la ville. C'est le début du siège. Les Bavarois se contentent de bombarder, sporadiquement, la forteresse, avec les canons et les munitions capturées à Marsal. Combat à Illkirch près de Strasbourg.
Le 17 août 1870 à lieu un petit combat naval à Hiddensee en mer Baltique. Le comte Waldersee dirige une reconnaissance destinée à évaluer l’escadre française commandée par le vice-amiral Bouët-Willaumez qui est basée dans la baie danoise de Køge, quartier général français pour la mer Baltique. Trois canonnières allemandes et l’aviso Grille rencontre un aviso français et trois frégates. Les allemands ouvrent le feu, sans résultats, sur les navires de guerre français et se dirigent vers l’île de Rügen. Les eaux peu profondes autour d’Hiddensee ne permettent pas aux navires français de poursuivre. De part et d’autre aucun dommage sérieux n’est à signaler. Le général Louis-Jules Trochu est nommé au poste de gouverneur militaire de Paris par Napoléon III.
Le 18 août 1870 après les combats du 16 août autour de Mars-la-Tour, von Moltke concentre ses troupes pour en finir avec l'Armée du Rhin, numériquement inférieure et, à huit heures, lorsque von Moltke ordonne l'avancée de ses troupes en direction des positions françaises s’engage à Gravelotte, Sainte-Marie-aux-Chênes et Saint-Privat une sanglante bataille. Malgré une héroïque défense les soldats français commandés par le maréchal Canrobert doivent céder le terrain. Une grande partie des forces françaises n'a pas été engagée dans la bataille, c'est une grave erreur de la part de Bazaine qui prévoyait depuis plusieurs jours le repli sur Metz considérant Saint-Privat comme une bataille mineure. Le général Canrobert ne reçoit aucun renfort malgré ses demandes renouvelées toute la journée auprès du maréchal Bazaine. La Garde prussienne se fait massacrer par une attaque trop précoce de Saint-Privat mais les positions françaises sont écrasées par l'artillerie ennemie. Vers 22 heures, les combats cessent pour la nuit et après des corps-à-corps sanglants les Allemands sont maîtres de Saint-Privat. C’est pour eux une victoire chèrement acquise car cette bataille est la plus meurtrière de la guerre de 1870, 20.159 Allemands et 12.275 Français sont tués dans cette journée. Von Moltke pense avoir perdu la bataille, malgré la supériorité de son artillerie, ses troupes ont subi des pertes terribles, bien supérieures à celles des Français dont le front semble intact. Bazaine a perdu l'occasion de remporter une victoire peut-être décisive. Les Français vont officiellement appeler cette bataille Saint-Privat et les Prussiens Gravelotte. Le rôle actif de l’Armée du Rhin est terminé et le lendemain de la bataille de Saint-Privat, son sort est fixé car le 19 août, l'armée du Rhin préfère se replier dans Metz plutôt que de reprendre le combat. La ville de Bar le Duc, préfecture de la Meuse, est occupée. A Paris, un mois avant le début du Siège de Paris, Nadar fonde avec deux autres aérostiers, Camille Legrand, dit Dartois, et Claude-Jules Duruof, la première compagnie des aérostiers militaires. Quelques temps après, Léon Gambetta signe un contrat officiel entre le Gouvernement et la compagnie des aérostiers. Grâce à cette convention naît la première poste aérienne de l’histoire qui permet notamment aux assiégés parisiens de faire parvenir des milliers de plis à leurs proches.
19 août 1870 -Bazaine est bloqué à Metz avec l'Armée de Lorraine face au 170 000 hommes de sept corps d'armée prussiens composés d'un peu plus de deux divisions de cavalerie et d'une centaine de batteries d'artillerie sous le commandement du prince Frédéric-Charles. A Strasbourg les Allemands achèvent la mise en place de 6 batteries de siège dont une à Kehl. L'artillerie de la place forte de Strasbourg ne peut s'opposer qu'à la batterie de Kehl. Le général Uhrich fait tirer sur celle-ci et Kehl est incendiée.
20 août 1870 -L'armée de Bazaine repliée autour de Metz est totalement encerclée et le blocus de la cité commence, le siège de Metz prendra fin le 27 octobre 1870. La troisième armée allemande marche sur Paris.
21 août 1870 -L'armée de Mac-Mahon quitte Châlons-sur-Marne pour se diriger vers Reims, le camp de Châlons est incendié pour éviter qu'il ne tombe aux mains des Allemands. À Reims, au camp de Courcelles, Mac-Mahon complète ses effectifs, réorganise son armée et se prépare à défendre la capitale, mais il reçoit l'ordre de secourir l'armée du maréchal Bazaine assiégée à Metz par les 1ère et 2ème armée allemande. Le maréchal de Mac-Mahon duc de Magenta est nommé "général en chef de toutes les forces militaires composant l'armée de Châlons et de toutes celles qui sont ou seront réunies sous les murs de Paris ou dans la capitale".
23 août 1870 -Les troupes allemandes atteignent Châlons. Canonnade sur Bitche. Le Quartier Général du roi Guillaume s'installe à Commercy. L’artillerie allemande commence le bombardement de la Citadelle de Strasbourg qui en 24 heures reçoit 1285 obus. Le 24 août, le bombardement s’étend à l’ensemble de la ville après un contre bombardement de l’artillerie française. Le centre ville est dévasté, la cathédrale est touchée et la bibliothèque incendiée. Le 26, à la demande de l'évêque de Strasbourg, von Werder fait cesser le bombardement de 4 heures à 12 heures mais, passé ce délais, il reprend et ne cessera pratiquement plus.
24 août 1870 -Échauffourées à Verdun, bombardement et tentatives vaines de prise de la forteresse. Occupation de Châlons.
25 août 1870 -Capitulation de Vitry-le-François. Les Allemands occuperont la ville, occasionnant réquisitions et arrestations nombreuses de civils, jusqu'au 9 novembre 1872. Une colonne de 800 mobiles de la Marne faits prisonniers traverse le village de Passavant, à l’est du département de la Marne. Un coup de feu tiré malencontreusement par on ne sait qui déclenche une fusillade de la part des soldats prussiens, sans doute inspirée par la crainte de francs tireurs. Les prisonniers pris de panique sont littéralement massacrés. Le bilan est lourd : 49 morts et une centaine de blessés.
Du 26 au 29 août, après avoir soutenu les combats de Grandpré, Buzancy et Nouart, l'armée de Mac-Mahon est finalement rejetée et encerclée dans la cuvette de Sedan. La ville d' Épernay est occupée (le 26 août 1870) après une courte lutte contre des uhlans prussiens, son occupation ne cessera que le 8 novembre 1872.
27 août 1870 -Affrontements de cavaleries à Buzancy. Deux escadrons du 12ème chasseurs rencontrent au-delà de ce village la 24ème brigade de cavalerie saxonne avec une batterie à cheval. Les têtes de colonnes s’abordent vivement et la brigade allemande cède devant l’impétuosité des cavaliers français mais la batterie à cheval ayant ouvert le feu le 12ème chasseurs doit se replier sur les 3ème et 5ème lanciers qui lui servait d’appui.
Le 28 août 1870, dans les Ardennes le village de Falaise est livré aux flammes et un de ses habitants tué, à la suite d’incidents avec des francs-tireurs ou des retardataires de l’armée de Châlons. Le lendemain, à Voncq à la suite d'une échauffourée avec des soldats français attardés et des habitants, les Prussiens tuent trois villageois et en arrêtent trente-trois, avant d’incendier le village, dont les maisons non brûlées sont ensuite livrées au pillage.
Le 30 août 1870 c'est la "surprise" de Beaumont en Argonne. Le 5ème corps d'armée français du général de Failly, au repos lors de cette attaque, est mis en déroute par les 4ème et 12ème corps d'armée allemands du prince Albert de Saxe. Victime de l'impéritie de son chef, le général Pierre Louis Charles de Failly, qui, méprisant les avertissements des habitants de Beaumont-en-Argonne, laisse ses hommes se faire surprendre, près de la Meuse, au moment où ils mangent la soupe, la division de Failly est écrasée et repoussée jusqu'à Mouzon. C’est finalement à Mouzon que le 5ème régiment de cuirassiers qui, par une charge hardie où est tué le colonel de Contenson, achève de couvrir la retraite plus que précipitée du général de Failly. Les pertes françaises sont lourdes (4800 hommes et 3500 pour les Allemands) et de Failly, à la suite de cette bataille est démis de ses fonctions. Une brigade de la division Conseil-Dumesnil est attaquée par les Bavarois du général de Tann à Warniforêt, les Français sont refoulés et se débandent mais une ligne de bataille parvient à se reformer et à arrêter par ses tirs l’élan des Bavarois. Les Français se replient sur Raucourt. Début de l'occupation de Strasbourg par l'ouverture de la première parallèle à Schiltigheim.
Le 31 août 1870 à Noisseville les troupes françaises du maréchal Bazaine, parties de Metz, tentent de passer au travers des lignes prussiennes commandées par le prince Frédérique-Charles mais, par suite de retards dans la marche, les troupes n'arrivent en position qu'à 16 h alors que les Allemands ont eu le temps d'amener des forces sur le point menacé. Dans un premier temps, les Français semblent pouvoir l'emporter, les soldats enlèvent les villages de Montoy, Noisseville et Servigny-lès-Sainte-Barbe et parviennent à conserver le terrain qu'ils ont conquis pendant la journée. Le combat se prolonge dans la nuit et reprend le lendemain 1er septembre. Le feu reprend à droite dès le point du jour, malgré un épais brouillard et les Français sont tenus en échec. Vers 11 heures, le maréchal Bazaine voyant toute la droite de son armée se replier sur les forts, fait continuer le mouvement de repli par échelons, et c’est de cette malheureuse façon que se termine la bataille de Noisseville. Les Français perdent 3379 soldats et 145 officiers. Les Prussiens perdent, eux, 2850 soldats et 126 officiers.
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Premier septembre 1870 -L'armée de Mac-Mahon est défaite à Sedan. Avant l'aube les Bavarois attaquent Bazeilles et Donchéry. Une forte résistance des troupes de marine françaises force les Bavarois à y faire pénétrer leur 1er corps tout entier. Deux armées allemandes se déploient vers le nord, celle du prince héritier de Prusse par le flanc ouest, celle du prince de Saxe par le flanc est, pour ensuite converger vers Illy. Mac-Mahon est blessé à la fesse et désigne Ducrot pour le remplacer mais le général Wimpffen exhibant une lettre du ministre Palikao lui confiant l’intérim de Mac-Mahon en cas d’empêchement, prend le commandement. Le brave général Margueritte est tué à la tête de ses cuirassiers qui comme à Froeschwiller sont menés à la mort en pure perte lors des charges de Floing. Malgré les charges désespérées et courageuses des chasseurs d’Afrique du général Margueritte, les forces françaises ne peuvent rompre l'encerclement sur le plateau d'Illy. Le roi de Prusse assistant à ce terrible spectacle et, rempli d'admiration pour le courage de ces cavaliers qui prêts à mourir jusqu'au dernier chargent par trois fois, ne peut s'empêcher de s'écrier "Ah les braves gens !" Ici se situe l'épisode fameux de la "maison des dernières cartouches" à Bazeilles. Une poignée de marsouins sous les ordres du commandant Lambert s'illustre en résistant pendant 7 heures jusqu'à la dernière extrémité et la capture, (le célèbre tableau d'Alphonse de Neuville, peint en 1873, inspiré de ce fait glorieux aura un énorme succès). L'armée de Châlons est en péril et Napoléon III décide de cesser le combat et de se rendre avec elle en début d'après midi. La catastrophe de Sedan s'achève par la destruction de la dernière armée française régulière. Le bilan est lourd de part et d'autre, 70.000 prisonniers français seront entassés dans les pires conditions sur la presqu'île d'Iges bordée par la Meuse et un canal. Cet endroit portera ensuite le nom révélateur du "Camp de la misère". La défaite de Sedan porte un coup fatal à l'Empire et fait prendre à la guerre un tournant décisif.
3 septembre 1870 -Après la capitulation de Sedan, les armées prussiennes et leurs alliés déferlent sur le Nord de la France et se déploient afin de mettre le siège devant Paris. Napoléon III est emmené en captivité en Allemagne, à Wilhelmshoehe, près de Kassel. Dans la capitale, la nouvelle de la catastrophe de Sedan est connue dans l’après-midi. A minuit, le Corps législatif se réunit et le député Jules Favre demande la déchéance de l'Empire.
4 septembre 1870 -Napoléon est déclaré déchu et la République est proclamée. La foule s'amasse devant le Palais-Bourbon. Comme en 1793, et en 1848, les grilles sont forcées et la salle des séances envahie. Gambetta prend la parole, déclare la patrie en danger et fait approuver la déchéance de la famille Bonaparte. Jules Favre harangue la foule et propose d'aller à l'Hôtel de Ville proclamer la République. Deux colonnes de députés et de simples citoyens se rendent donc à l'Hôtel de ville, où elles ont été devancées par un groupe d'agitateurs révolutionnaires, jacobins ou socialistes (Delescluze, Blanqui, Flourens). Pour séduire et rassurer la foule, Jules Ferry a l'idée de constituer un gouvernement composé de députés républicains de Paris. C'est ainsi que Léon Gambetta et Jules Favre proclament la République au milieu d'une liesse générale quelque peu surréaliste en regard de la situation militaire du pays. Beaucoup de Parisiens croient naïvement que la déchéance de l'empereur et l'avènement de cette toute nouvelle 3ème République rendront les Prussiens plus accommodants. La formation d’un gouvernement de la Défense nationale est faite le jour même, Emmanuel Arago, Adolphe Crémieux, Jules Favre, Léon Gambetta, Garnier-Pagès, Glais-Bizoin, Eugène Pelletan, Ernest Picard, Henri Rochefort, Jules Simon, Jules Ferry le forment alors, avec à sa tête le gouverneur militaire de Paris, le général Louis Jules Trochu. Le nouveau gouvernement veut organiser la défense de Paris maintenant menacé et poursuivre la guerre en province.
5 septembre 1870 -A Bitche les Allemand préparent le bombardement de la citadelle. Bombardement de Montmédy par les Prussiens. A Paris, Victor Hugo fait un retour triomphal après 19 ans d’exil. La ville de Marseille qui avaient proclamée la République dès le 4 septembre, sans attendre qu'elle le fût à Paris décide de se gouverner de façon autonome. Parution du premier numéro du Journal Officiel de la République française il contient la composition du gouvernement de la défense nationale ainsi que des décrets sur la dissolution du Corps législatif et l'abolition du Sénat. Capitulation de Laon.
6 septembre 1870 -Pendant que l’ennemi marche sur Paris, Jules Favre, le nouveau ministre des Affaires étrangères adresse une circulaire aux diplomates français dans laquelle il écrit "Si c'est un défi, nous l'acceptons. Nous ne céderons ni un pouce de notre territoire, ni une pierre de nos forteresses. Une paix honteuse serait une guerre d'extermination à courte échéance. Nous ne traiterons que pour une paix durable". Mais, malgré ces paroles le même Jules Favre, piètre diplomate, cédera tout à Bismarck au cours des négociations de paix et pendant celles du traité de Francfort ce sera encore Bismarck qui imposera toutes ses conditions.
Le 9 septembre 1870 à Laon, un garde du génie, Dieudonné Henriot fait sauter, dans un acte désespéré, les 26 tonnes de poudre contenues dans la poudrière de la citadelle au moment où les Prussiens pénètrent dans la place qui s’est rendue le 5 septembre. Cette énorme explosion fait 241 morts et 260 blessés français, 30 morts et 65 blessés chez les Allemands.
Le 10 septembre 1870 à Toul, après un bombardement de la ville assiégée depuis le 16 août, les allemands lancent une forte attaque d'infanterie suivie d'un intense bombardement. Le lendemain l'ennemi bombarde de nouveau la ville avec vigueur et poursuivra ces bombardement jusqu'au 19 septembre 1870.
11 septembre 1870 -Départ de la délégation du Gouvernement français pour Tours. Une armée allemande forte de 20.000 hommes environ met le siège devant la ville de Soissons. Bitche, assiégée depuis le 8 août, est bombardée de 10 heures du matin à 23 heures avec vingt-quatre pièces d’artillerie. Les tirs sur la citadelle et sur la ville de Bitche dureront 10 jours et 10 nuits jusqu’au 21 septembre 1870. Dans l'Aisne, les Prussiens occupent Château-Thierry.
Le 14 septembre 1870 à Colmar, une centaine de francs-tireurs et de volontaires, dont le sculpteur Frédéric Auguste Bartholdi, le futur auteur de la célèbre statue de la liberté de New-York et du lion de Belfort, qui à cette époque est officier (chef d’escadron) des gardes nationaux, participent à la défense du pont de Horbourg, pont sur l’Ill qui relie Horbourg-Wirh à Colmar et résistent vainement à l’entrée dans la ville des troupes badoises, environ 5000 hommes, qui a lieu vers midi. Plus tard, Bartholdi sera aide de camp du général Giuseppe Garibaldi et agent de liaison du gouvernement, particulièrement chargé de s'occuper des besoins de l'armée des Vosges.
Le 15 septembre 1870, Adolphe Thiers est mandaté et envoyé en mission auprès des capitales européennes pour rechercher des appuis dans l'espoir, qui s'avèrera vain, de peser sur les exigences prussiennes. Des Uhlans prussiens cherchent un passage sur l'Oise du côté de Saint-Ouen-l'Aumône ; mais le génie français a fait sauter les ponts quelques jours plus tôt. Ils passent néanmoins sur un pont de bateaux et réclament immédiatement de l'argent à la ville de Pontoise qui doit lancer un emprunt pour satisfaire à cette exigence. Pontoise sera occupée du 18 septembre 1870 au 26 juin 1871. Deux trains sont attaqués par les troupes allemandes aux abords de Senlis et de Chantilly qui s'installent ensuite dans ces villes. Des francs-tireurs de Fontainebleau tendent avec succès une embuscade à l’ennemi sur la route de Guignes. Le viaduc de Nogent-sur-Marne est dynamité par les Prussiens. Occupation de Melun.
16 septembre 1870 -Combat à Athis. La voie de chemin de fer est coupée par une canonnade entre Ablon et Athis, les trains allant sur Paris sont stoppés par la destruction de plusieurs arches du viaduc de Nogent. Occupation de Sucy-en-Brie et Fresnes.
17 septembre 1870 -Partant de Vincennes, la division du général d'Exéa, du 13ème corps, effectue une reconnaissance contre des colonnes ennemies signalées du côté de Choisy le Roi. Un affrontement contre des troupes prussiennes, forte de 3 à 4000 hommes qui se dirigeait de Choisy-le-Roi sur Versailles en contournant les positions de Châtillon et de Clamart est engagé. Selon le général Vinoy commandant de l'opération, l'avantage est resté à nos troupes qui ont perdu 6 tués et 37 blessés. Les pertes de l'ennemi auraient été de 400 hommes environ, dont 58 tués. Les troupes ennemies, l'avant-garde de la 3ème armée allemande, atteignent Créteil. Un moment défendues par des volontaires, les hauteurs du mont Mesly sont vite abandonnée aux Allemands qui s'y installent. Les Prussiens franchissent la Seine à Villeneuve-Saint-Georges, un pont de bateau y est jeté et une avant-garde de 1000 hommes appartenant au 2ème corps bavarois occupe Villeneuve-Saint-Georges et Brunoy, alors que le 2ème corps marche sur Longjumeau, détachant une brigade à Montlhéry. Dès leur arrivée à Montlhéry, l'armée prussienne occupe la tour pour surveiller le siège de Paris.
Le 18 septembre 1870, la 2ème armée prussienne du Kronprinz de Prusse, entreprend le siège de Paris. Les départements du Midi de la France et du Sud-Est, créent la «Ligue du Midi pour la défense de la République» qui, autour de Marseille, désignée capitale de cette fédération, regroupe quinze départements pour « sauver le Nord ». Au-delà du programme militaire, l’ambition de la Ligue est aussi d’imposer des décisions politiques et révolutionnaires : confiscation des biens du Clergé, séparation de l'église et de l'état, application d’un impôt sur la fortune, liberté de la presse, etc. La Commune Révolutionnaire de Marseille, qui couve alors, sera proclamée le premier novembre 1870.
A Dannemois, dans l’Essonne à 46 km de Paris, « un accrochage par surprise », entre un bataillon de francs-tireurs parisiens et la quatrième division de cavalerie prussienne a lieu en haut du village, sur la route Corbeil-Moigny. Lors de ce combat cent uhlans et le « Sekonde-Lieutnant » Georg von Horn, de Berlin, du 2ème régiment de hussards, atteint de six balles dans la poitrine, sont tués ainsi que vingt francs-tireurs parisiens. En représailles, le village est pillé et quinze maisons incendiées.
19 septembre 1870 -Le général Ducrot est battu à Châtillon au sud de Paris. 45.000 hommes se déploient en deux formations d'un côté entre Bagneux et Montrouge, de l'autre dans les bois de Clamart et de Meudon, centrées sur la redoute de Châtillon. L'aile gauche recule, abandonne Bagneux sous les attaques du 2ème corps bavarois. L'après-midi, les Allemands pilonnent la route de Châtillon et la redoute fortifiée encore en construction. La place devient vite intenable, la retraite est sonnée. Les hommes en déroute se replient dans Paris, en courant pour certains, et y sèment la panique. La prise de cette position par les Allemands est un échec pour la défense française qui laisse un point stratégique à l’ennemi qui pourra ainsi bombarder Paris en décembre 1870 et janvier 1871. La ville de Versailles encerclée le 18 est conquise, sans combat, par les Prussiens. La capitale est désormais totalement encerclée par les troupes prussiennes.
20 septembre 1870 -Le siège de Paris commence. Entretiens de Ferrières entre Bismarck et Jules Favre le nouveau ministre des affaires étrangères.. Le contenu de cette entrevue restera secret. Les mémoires ultérieures de Favre et Bismarck seront contradictoires sur les objectifs de cet entretien : discussion sur les buts de guerre et les conditions d'un armistice ou négociation visant à obtenir l'accord des Prussiens pour organiser des élections générales afin d'asseoir la légitimité du gouvernement provisoire. C'est en tout cas lors de cet entretien que Bismarck exigera la cession de l'Alsace et la Lorraine comme condition de paix. Le même jour le gouvernement de la Défense nationale fait afficher sur les murs de Paris le texte suivant : « On a répandu le bruit que le Gouvernement de la Défense nationale, songeait à abandonner la politique pour laquelle il a été placé au poste de l’honneur et du péril. Cette politique est celle qui se formule en ces termes : Ni un pouce de notre territoire, ni une pierre de nos forteresses. Le gouvernement la maintiendra jusqu’à la fin » .
21 septembre 1870 -Les Prussiens envahissent le château de Saint-Cloud et les officiers s’y installent. Rambouillet est occupé par les Prussiens. Arrêt des bombardements, commencés le 23 août, sur la ville de Bitche. Un blocus y est mis en place du 25 septembre 1870 jusqu’au 25 mars 1871. Un ballon, l’Union, est prêt à s’envoler de Paris mais il se déchire au gonflement. C’est le surlendemain 23 septembre que le premier ballon quittera la capitale. Gambetta proclame " Il y a soixante-dix-huit ans à pareil jour, nos pères fondaient la république et se juraient à eux-mêmes, en face de l'étranger qui souillait le sol sacré de la Patrie, de vivre libres ou de mourir en combattant. Ils ont tenu leur serment, ils ont vaincu, et la république de 1792 est restée dans la mémoire des hommes comme le symbole de l'héroïsme et de la grandeur nationale... Que le souffle puissant qui animait nos devanciers passe sur nos âmes, et nous vaincrons ! "
23 septembre 1870 -La ville de Toul assiégée depuis le 16 août 1870 est occupée. Après avoir amenés des canons de 24 livres, les Allemands pilonnent la forteresse, les défenseurs résistent 8 heures au bombardement mais doivent capituler dans la soirée. La ville de Verdun est totalement encerclée. 1500 soldats de garnison, 2000 gardes mobiles, 1400 hommes de la garde nationale sédentaire et 2600 survivants de Sedan, commandés par le général Guérin de Waldersbach et le général Marmier, résistent face aux 10.000 hommes du prince de Saxe mais doivent, après de durs bombardements, se rendre le 8 novembre 1870. Le photographe Nadar ayant crée avec Camille Legrand et Claude-Jules Duruof la «Compagnie des Aérostiers Militaires» dont le but est la construction de ballons militaires pour les mettre à la disposition du gouvernement, le premier ballon monté des 67 envoyés pendant le siège de Paris, le Neptune, gonflé de 1300 m3 de gaz d’éclairage hautement inflammable, décolle de la place Saint-Pierre de Montmartre à 8 heures et quitte la capitale. Piloté par Claude-Jules Duruof, il est chargé de 125 kilos de dépêches officielles, de journaux et de quelques lettres. Après un vol de trois heures et 15 minutes et après avoir traversé les lignes ennemies, il atterrit dans le parc du château de Cracouville, près d'Evreux. Il a parcouru 104 kilomètres, c'est le véritable début de la poste aérienne.
26 septembre 1870 -Combats aux alentours de Soissons. Affrontements à La Croix Briquet (près d’Artenay et Chevilly) entre des dragons français et des uhlans prussiens.
Le 27 septembre 1870 toutes les communications entre Paris et la province sont interrompues. Sortie depuis Metz vers Peltre. Le village de Peltre est enlevé malgré une forte résistance allemande et un ravitaillement abondant est récupéré ainsi que de nombreuses armes et plus de 200 prisonniers. Dans la nuit du 27 au 28 les Prussiens, en représailles, mettrons le feu à Peltre et à plusieurs villages des environs après en avoir chassé les habitants.
28 septembre 1870 -L'héroïque ville de Strasbourg assiégée depuis le 20 août et éprouvée par de durs bombardements capitule à son tour. Les pertes civiles atteignent 261 tués et environ 1100 blessés. Les pertes militaires, s'élèvent à 310 tués, 2076 blessés et 55 disparus pour une garnison de 19.730 hommes. Côté allemand, on dénombre 181 tués, 724 blessés et 44 disparus. Du point de vue matériel, Strasbourg a beaucoup souffert : 202.112 obus ont frappé la capitale alsacienne, soit en moyenne 5770 obus par jour. Le jour de la capitulation, on dénombre 10.000 personnes sans abri. 500 maisons sont détruites et de nombreux monuments sont touchés : la cathédrale, le musée, l'hôtel de la préfecture, le théâtre, le palais de justice, le temple neuf, le gymnase protestant, l'hôtel de l'état major, la gare ferroviaire et la bibliothèque dont une grande partie de la collection a brûlé.
Le 29 septembre 1870, les Prussiens envoient un détachement composé d'un bataillon du 27ème régiment d'infanterie, du 1er régiment de uhlans de la garde et d'une section d'artillerie avec l'ordre d'attaquer la barricade de Parmain, dans l’Oise. Vers midi une partie de la colonne tentent, sans plus de succès que le 27, d'enlever la barricade. L'autre partie de la colonne prussienne jette un pont de bateaux à Mours, situé plus en amont, franchie l'Oise et descend par la rive droite afin de prendre la barricade à revers. Les francs-tireurs alertés à temps évacuent leurs positions avec comme perte 1 tué et 1 blessé contre 3 tués et une vingtaine de blessé du coté du 27ème régiment d'infanterie de Magdebourg.
30 septembre 1870 -Le 13ème corps du général Vinoy attaque avec 20.000 hommes les villages de Chevilly, Choisy le Roi et de l'Haÿ. Ils sont accueillis à l’entrée du plateau de Villejuif par des tirs de canon et de mousqueterie auxquels ils répondent avec énergie, pendant presque 3 heures. Les 35ème et 42ème brigades du général Pierre Victor Guilhem refoulent l’ennemi hors de Chevilly et l'Haÿ. La colonne du général Blaise pénètre dans Thiais et s’empare d’une batterie de position dans ce village qui n’est pas enlevée faute d’attelage. Les troupes avancent jusqu’aux positions prussiennes, fortement défendues, de Thiais et de Choisy-le-Roi coupant ainsi leur voie de communication. Après un vif engagement d’artillerie et de mousqueterie les troupes françaises se replient sous le feu, avant l’arrivée des réserves prussiennes, évaluée à environ 30.000 hommes. 2000 Français et 400 Allemands sont mis hors de combat et le général Guilhem est tué. Son corps sera remis à l'armée française par les Prussiens et fera l'objet d'obsèques solennelles conduites par le général Trochu.
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Le 2 octobre 1870 à Bitche, une sortie depuis la cité assiégée aboutit à l'incendie de la ferme du Freudenberg, un écart situé sur les hauteurs de la ville. Cette escarmouche fait six tués français, six tués allemands et six blessés allemands. Après les désastres de son armée, la défaite de Sedan, et la débandade qui s'ensuivit, le gouvernement français autorise, ce jour par décret, l'établissement de cours martiales qui permettent l'exécution immédiate d'un soldat sans obligation de garder trace du jugement. Seul un compte-rendu a posteriori est demandé, sans nécessité de justifier la sentence.
Le 4 octobre 1870, le colonel von d'Alvensleben, à la tête de la 15ème brigade de cavalerie, de deux compagnies d'infanterie du régiment du corps et du 11ème bavarois et d'une batterie, se porte sur Épernon. A la nouvelle de l'approche de l'ennemi, le préfet d'Eure-et-Loir y dépêche les 2ème et 4ème bataillons de la garde mobile de son département renforcés par quelques gardes nationaux et par des francs-tireurs du pays. Entre dix et onze heures, l'ennemi parait, et commence la canonnade. Après un combat de plusieurs heures qui coûte, aux mobiles et aux gardes nationaux de Droué, une trentaine de blessés et quinze tués, dont le commandant Lecomte tombé bravement à la tête du 4ème bataillon d’Eure-et-Loir, les français, écrasés par l'artillerie, se voient forcés d'abandonner le terrain et de se retirer sur Chartres. Les Allemands ont sept hommes tués et vingt-quatre blessés, dont un officier. Le soir même, ils entrent à Épernon.
5 octobre 1870 -La délégation de Paris décide d'envoyer à Tours le ministre de l'Intérieur Léon Gambetta, avec comme mission de « maintenir l'unité d'action » entre la délégation de Paris et le gouvernement de la Défense nationale, et de lever des troupes. Bismarck établit son quartier général à Versailles. L'encerclement de Paris par les troupes allemandes est achevé. Pacy-sur-Eure et Vernon sont occupées. Les canons du Mont Valérien arrosent les crêtes boisées entre Saint-Cloud et Bougival et délogent les troupes ennemies installées dans ce dernier village. Engagement à Toury, le 15ème corps d’armée français, de nouvelle formation, y refoule sur Étampes la 4ème division de cavalerie prussienne et provoque l’envoi sur Orléans, du 1er corps bavarois et de la 22ème division d’infanterie prussienne, l’une et l’autre appartenant aux troupes d’investissement.
6 octobre 1870 -Une brigade d'environ 5 000 hommes commandée par le général Dupré se heurte, dans les Vosges, à l'avant-garde de l'armée de Werder autour des villages de Nompatelize et de La Bourgonce. Les Français se battent courageusement, le nombre d'hommes engagés dans cette bataille est équivalent de part et d'autre, mais l'artillerie de campagne allemande fait la différence. Le général Dupré est blessé et vers le soir les Français doivent rompre et faire retraite, à travers bois, dans la direction de Rambervilliers et d'Épinal. La ville de Neuf-Brisach est complètement encerclée.
7 octobre 1870 -Combat de Ladonchamps, ou Bellevue près de Metz, dernier acte accompli par l'armée de Bazaine à laquelle il ne reste que quelques jours à vivre. Les Français tentent de passer au travers des lignes prussiennes en sortant de la ville de Metz mais cette tentative est un échec et ils sont repoussés dans Metz. Les généraux Garnier, de Chanaleille et Gibon, sont blessés. Le général Gibon succombera à ses blessures à Woippy le 19 octobre 1870. 61 officiers et 1208 soldats français sont mis hors de combat. Les Prussiens perdent 1703 soldats et 75 officiers. A Paris, Léon Gambetta, accompagné de son proche collaborateur Eugène Spuller, quitte la capitale à bord du ballon l'Armand Barbès piloté par Alexandre Trichet pour rejoindre Tours et y organiser une armée de 600.000 hommes, celle-ci prendra le nom d'Armée de la Loire. Combats à Rueil et à La Malmaison.
8 octobre 1870 -A Saint-Quentin Anatole de La Forge, le préfet de l’Aisne repousse une colonne allemande, à la tête de la garde nationale et des habitants. Cette action désespérée aura un retentissement national, la ville sera décorée de la Légion d'honneur, mais n’empêchera pas Saint-Quentin de tomber aux mains de l’ennemi le 21 octobre 1870. A partir du 25 décembre, Saint-Quentin sera définitivement occupée par 2500 Saxons. Dans la nuit du 7 au 8, les francs-tireurs de Paris sous les ordres du Commandant E. de Lipowski exécutent un coup de main contre un cantonnement prussien à Ablis près d’Orléans. Cinq officiers allemands sont tués, et de nombreux hommes de troupe sont faits prisonniers. En représailles, le 8 octobre la 22ème division prussienne saccage et incendie Ablis. 68 maisons sont complètement détruites et 103 habitants disparaissent, parmi lesquels 7 sont fusillés et 22 sont emmenés en otages à Rambouillet. Combat près d'Étampes avec les éléments avancés de l'Armée de la Loire et la 2e division de cavalerie bavaroise du lieutenant-général Von Stolberg. A Strasbourg, Bismarck fait placarder dans la capitale alsacienne conquise : " Strasbourg, à partir d'aujourd'hui, sera et restera une ville allemande ! " " Jamais ! " protestent les Alsaciens en lettres énormes, apposées sur ces mêmes affiches. Premiers bombardements de la forteresse et de la ville de Neuf-Brisach investie depuis le 6 octobre.
Le 9 octobre 1870, à Rambervillers dans les Vosges, jour de la fête patronale, 200 gardes nationaux sous les ordres du chef de bataillon Petitjean dressent des barricades contre l’ennemi et résistent jusqu’au soir contre plus de 2000 badois appartenant au 14ème corps du général de Werder. L’envahisseur se rend finalement maitres des lieux, 31 habitants sont tués. Les représailles des 10 et 11 octobre seront sévères et une masse d'impositions de guerre exceptionnelle accablera la commune jusqu'en février 1871. Pour ce fait d'armes, la ville recevra la Légion d'honneur le 19 avril 1896 tandis qu’en 1905 son nom sera donné à l'une des rues de Paris. Au siège de Paris, une forte reconnaissance en avant du fort de Noisy permet aux français de chasser l’ennemi de Bondy et d’occuper le village jusqu’à la nuit puis de se replier. La cavalerie prussienne qui occupe Houilles subit des tirs de la batterie de Courbevoie.
10 octobre 1870 -L'Armée de la Loire, commandée par le général la Motterouge, affronte à Artenay le 1er corps d’armée du général bavarois von der Tann qui protège le siège de Paris par le sud. 14.000 bavarois avantagés par une supériorité écrasante de leur artillerie (66 canons contre 16 français) obligent les 8000 hommes de la Motterouge à retraiter après un combat de 5 heures et s'ouvrent la route d'Orléans. Les Français sont refoulés dans la forêt qui entoure Orléans. Les Bavarois perdent 200 hommes dans ce combat et les Français 900, tués, blessés ou prisonniers. A Chérisy, à l'ouest de Versailles, le 8 octobre 24 hussards allemands venu réquisitionner de l’avoine et des vaches pour l’armée assiégeant Paris se heurtent à 200 Français et prennent la fuite. Ils reviennent le lendemain pour réclamer les réquisitions de la veille mais sont attaqués par un détachement des Mobiles de l’Orne et des gardes nationaux de Dreux. Une lutte acharnée s’engage dans le village. L’ennemi se retire. On dénombre plusieurs morts et prisonniers de chaque côté. Le 10 octobre les Allemands reviennent en force, 2000 hommes et plusieurs canons attaquent sans succès les Français barricadés au pont de Chérisy. Pour se venger, l’ennemi en se retirant, incendie Chérisy. Plus de 50 maisons sont la proie des flammes.
11 octobre 1870 -Les Bavarois s'emparent d'Orléans. Le lendemain du combat d’Artenay des troupes d'arrière-garde tentent encore de contenir l'avancée allemande. 5000 soldats français, retranchés dans les faubourgs d’Orléans aux Aubrais et aux Aydes, entament alors un héroïque combat de rues contre les 40.000 hommes du 1er corps d’armée bavarois du général von der Tann et une forte artillerie. Toute la journée, soutenus par les habitants qui recueillent et soignent les blessés, la résistance qu'ils opposent est telle, que les allemands n'ont d'autre choix que de les bombarder. 700 Français sont tués et 1800 faits prisonniers. Les soldats de la Motterouge battent en retraite et se rallient au sud d'Orléans. Vers 19 heures, les bavarois envahissent la ville. A la suite de cette nouvelle défaite, le général la Motterouge est relevé de son commandement et remplacé par le général d'Aurelle de Paladines. Dans les Vosges, une colonne badoise attaque 350 hommes du corps franc des Vosges du colonel Bourras près de Bruyères et de Brouvelieures. A la suite de ce combat la première brigade de la division badoise entre dans Bruyères. Dans la matinée, à Stenay dans la Meuse le bivouac des prussiens est attaqué par un petit corps français sorti de Montmédy. La 5ème compagnie du bataillon de Brühl et des contingents du 53ème régiment de landwehr sont surpris et capturés, la Kommandantur de Stenay est reprise aux Prussiens. Arrivée de Gambetta à Tours.
12 octobre 1870 -Début de L’occupation d'Épinal qui durera jusqu’au 30 juillet 1873. Occupation de Breteuil, combats à Rouen.
13 octobre 1870 -25.000 hommes des troupes assiégées dans Paris exécutent, sous les ordres du général Trochu, une « grande reconnaissance offensive » sur les villages Bagneux et de Châtillon pour reprendre le plateau de Clamart. Des combats ont lieu à Fontenay-aux-Roses et Clamart. Les maisons de Châtillon sont reprises une à une. A Bagneux, au cours du combat livré contre des éléments bavarois, le commandement du 1er bataillon des mobiles de l’Aube, le conte Picot de Dampierre, devant l’hésitation de ses hommes qui voyaient le feu pour la première fois, les entraîne au cri de « Allez, en avant, mes enfants ! » et tombe, mortellement blessé par une balle à l’abdomen. C’est le capitaine Casimir-Perrier, commandant sa 4ème compagnie, et futur président de la République, qui emporte son corps. Suite au bombardement de Saint-Cloud par les canons français du Mont-Valérien la ville et le Château de Saint-Cloud sont incendiés. Malgré le succès et les faibles pertes côté français, le gouverneur de Paris ordonne la retraite, après cinq heures de combat. « Cette reconnaissance offensive a obligé l'ennemi à montrer ses forces, à appeler de nombreuses troupes de soutien, à essuyer le feu meurtrier de nos pièces de position et de notre excellente artillerie de campagne. Il a dû subir de fortes pertes, tandis que les nôtres sont peu sensibles, eu égard aux résultats obtenus. Nous estimons que nous n'avons pas en plus de 30 hommes tués et 80 blessés alors que l’ennemi a laissé plus de 300 morts dans Bagneux et ses pertes sont considérables à Châtillon et sur les hauteurs. Le chiffre des prisonniers connus s’élève à plus d’une centaine ». En réalité les médiocres résultats de cette journée auront pour conséquence la mise hors de combat de 400 Français.
14 octobre 1870 -Dans la nuit du 13 au 14, un bataillon des éclaireurs de la garde nationale de Paris placé aux avant-postes, effectue une reconnaissance sous les ordres du commandant Thierrard. Dans Rueil ce bataillon surprend un assez fort détachement de Prussiens occupés à brûler deux maisons pour dégager une de leurs barricades. Vingt allemands sont tués. Guiseppe Garibaldi prend le commandement de l’Armée des Vosges. La composition de cette armée, 3500 à 4000 hommes (qui seront 20 000 en janvier 1871) est très hétérogène : gardes nationaux des Alpes-Maritimes et de Savoie, corps francs de l’Est et du Sud-est et volontaires étrangers venus de Pologne, de Hongrie, d’Espagne, des États-Unis et surtout d’Italie. Deux brigades seront constituées et installées à Autun fin octobre 1870.
15 octobre 1870 -Les 10 et 14 octobre plusieurs uhlans venus en éclaireurs sont tués par des francs-tireurs à Civry et Varize dans l'Eure-et-Loir. Le 15 octobre un détachement de 6 à 700 soldats prussiens envoyé de Patay pour s’emparer de ces villages, et venir à bout des francs-tireurs qui tiennent campagne dans cette région, y affronte les habitants qui résistent. En représailles les deux villages sont pillés et incendiés par les Prussiens. Six habitants sont tués et seulement 2 maisons sur 75 restent intactes à Varize. Partant de Bondy, les éclaireurs de la Seine du colonel Lafon, engagent une vive fusillade avec l'ennemi embusqué de l'autre côté du canal de l'Ourcq, afin de couper les arbres qui masquaient, de nos bastions, la vue du camp retranché prussien. En milieu d’après-midi l'ennemi ayant arboré le pavillon blanc, les éclaireurs de la Seine et les forts cessent le feu. Les troupes françaises déplorent 2 tués, dont 1 officier et 5 blessés.
16 octobre 1870 -Suite à une brèche pratiquée dans ses fortifications, la ville de Soissons capitule après 36 jours de siège dont 4 de bombardement pendant lesquels elle a reçue 16.000 obus. Les Prussiens y font 4000 prisonniers et prennent 132 canons. Des artilleurs du 15ème de Ligne de Vervins faits prisonniers à Soissons et envoyés en Allemagne par la route de Château-Thierry tentent de s’échapper à Hartennes. Les Prussiens ouvrent le feu et tuent plusieurs hommes tandis que d’autres s’enfuient à travers bois. Embuscade à Château-Thierry contre des troupes avancées du général von Werder. A Neuf-Brisach, un assaut de 2000 hommes, tenté hors de la cité occupée depuis le 6 octobre 1870, est repoussé par les Prussiens.
Le 18 octobre 1870, une armée allemande (Général Von Wittich) de 12 000 hommes avec 24 pièces de canon attaque attaque Châteaudun. Le commandant de Lipowski avec 1200 francs-tireurs et gardes nationaux organise la résistance. 28 barricades sont dressées, les défenseurs tiennent jusqu'au soir mais succombent sous le nombre. Vers 3 heures du matin les dernières troupes de Lipowski quittent la ville et se retirent sur Brou. Après ce combat de 9 heures, les Dunois ont 30 tués dont le brave commandant de la Garde nationale sédentaire M. Testanière et 40 blessés. Les Allemands, furieux d'avoir été si longtemps tenus en échec et d'avoir subit de si lourdes pertes, plus de 2500 hommes dont 35 officiers tués, exercent de très dures représailles. Dans la nuit du 18 au 19 octobre, ils mettent le feu, pillent, violent ou contraignent les habitants à la fuite. Dans l’incendie 12 habitants sont asphyxiés et brûlés, 235 maisons sont la proie des flammes, un tiers de la ville est détruit. De plus, 96 habitants seront emmenés en Allemagne comme otages et une contribution de 200 000 francs, somme énorme pour l’époque et que le conseil municipal parviendra à faire réduire à 52 000 francs, sera exigée par les envahisseurs. L'exemple de la résistance acharnée de cette cité soulèvera l'admiration du peuple français. A ce titre Châteaudun comme Belfort a, comme dit l'expression officielle, bien mérité de la patrie et la croix de la légion d'honneur figure désormais sur ses armoiries. Ce même jour, la ville de Vesoul est occupée par l’ennemi.
20 octobre 1870 -Siège de Sélestat, 32 canons tirent 10.000 obus sur la ville causant la mort d'une cinquantaine de civils.
21 octobre 1870 -Combat de La Malmaison à l'ouest de Paris, 10.000 hommes et 120 canons du 14ème corps ont pour objectif les conquêtes des hameaux de la Malmaison, la Jonchère et Buzenval défendus par la 3ème division du 55ème corps prussien ainsi qu’une fraction du 4ème corps et un régiment de la garde. Après une préparation d’artillerie de trois quart d’heure, l’assaut est donné à 14 heures. Les troupes françaises arrivent sous les pentes de la Jonchère, dans le parc de Buzenval et dans le parc de la Malmaison mais échouent à traverser les lignes ennemies et, le soir du 21 octobre, les troupes françaises, décimées, reprennent leurs positions d'origine. Première bataille de Buzenval, durant laquelle, les batteries du commandant Miribel et en particulier la batterie de n°4 du capitaine Nismes qui était installée près de la porte de Longboyau a été surprise par des éléments prussiens. Cet incident fâcheux connu sous le nom de combat de la porte de Longboyau ou encore défense de la porte de Longboyau se résume en une vive fusillade, ou Français et Prussiens se fusillent à bout portant a travers la grille de la porte. Dans ce combat les Français sont tués le capitaine commandant de la compagnie de soutien, 10 canonniers et 15 chevaux et dans un instant de désordre 2 pièces de 4 sont tombées entre les mains de l'ennemi. A Grandpuits, près de Nangis en Seine-et-Marne, des gardes nationaux de Saint-Germain Laval, Montereau et des communes voisines attaquent un détachement d'environ 300 Prussiens logés dans une ferme. Le combat s'engage mais le feu vif et précis de l'ennemi joint à un renfort considérable qui arrive bientôt, ne tard pas à dérouter les gardes nationaux qui battent en retraite après s'être néanmoins vaillamment défendus.
22 octobre 1870 -Dans le Doubs combat des Prussiens du 14ème corps à Cussey-sur-l’Ognon contre les mobiles des Hautes-Alpes et des Vosges qui cherchaient à tenir les ponts de l’Ognon. Dans l’Eure, bombardement de Vernon, par deux pièces prussiennes, 50 obus sont tirés mais ne provoquent que des dégâts matériels. Les 3000 prussiens du Général von Redern qui occupent Villegats, en prévision d'une attaque contre le camp des mobiles de l'Eure, sont attaqués par le Colonel Mocquart avec son régiment renforcé par 3 compagnies du 3ème bataillon des mobiles de l'Ardèche et 1 compagnie des éclaireurs de Caen, soit en tout 1500 hommes. A peine sortis des bois d'Hécourt, les mobiles subissent le bombardement de l'artillerie prussienne. Déployés en tirailleurs à l'orée de la forêt, ils stoppent la contre-attaque prussienne, puis lancés au pas de course, ils progressent vers la batterie qui les canonne. A 15 heures, surpris par la vigueur de l'attaque, les Prussiens battent en retraite et sont poursuivis pendant près d'une heure. Alors, craignant d'exposer ses hommes, le Colonel Mocquart fait sonner la retraite, et les Mobiles regagnent le camp d'Hécourt. Au cours du combat, les mobiles de l'Eure déplorent la perte de plusieurs hommes. Le 3ème bataillon de l'Ardèche a lui 2 tués et 7 blessés. Le premier numéro de "La Gazette des Absents"parait à Paris assiégé. Cette lettre journal sera éditée jusqu'au 22 février 1871.
24 octobre 1870 -Capitulation de Sélestat, les Prussiens y récupèrent 120 canons et font 2000 prisonniers. A Paris, faute de pouvoir les nourrir, les animaux du jardin des plantes sont abattus et convertie en « viande de fantaisie ». Yacks, buffles, rennes, antilopes et autres animaux exotiques, sont ainsi vendus à l’étal des boucheries de luxe.
25 octobre 1870 -Combats à Gray, Seveux et Velesmes en Haute-Saône ou des colonnes prussiennes et badoises sont fréquemment harcelées par des francs-tireurs et par la population qui concoure activement à la défense locale. A Seveux une avant-garde ennemie composée de 7 compagnies, 1 escadron et 1 batterie se heurte à des paysans en armes occupés à disposer des abattis. A la vue des Allemands, ceux-ci se retirent sur le village voisin et sur Seveux et s'y mettent en état de défense. Les Allemands doivent recourir à l’artillerie pour les en déloger. A Nogent-sur-Seine, dans l’Aube, les troupes du 2ème Bataillon du 3ème régiment d’infanterie wurtembergeois affrontent les 3ème et 4ème bataillons de la garde mobiles du Morbihan aidés des gardes nationaux de Nogent, des gendarmes et de 60 francs-tireurs de la Loire. Après 4 heures de combat les Français se replient sur Troyes laissant 35 morts et une cinquantaine de blessés sur les lieux. Les wurtembergeois ont de leur coté une quarantaine de tués, et plus de cinquante blessés. Ils se livrent à des représailles en pillant, saccageant et brûlant plusieurs maisons de Nogent-sur Seine et tuent encore 8 civils dans leurs maisons lors, de leurs recherches des francs-tireurs, qui leurs ont causé autant de pertes.
27 octobre 1870 -Occupé depuis le 20 août Metz capitule, 31 drapeaux français sont détruits ou brûlés pour ne pas tomber aux mains de l'ennemi. La capitulation de Metz livre aux Allemands 3 maréchaux, 6000 officiers, 173.000 soldats un matériel considérable, 1600 canons et 250.000 fusils. L’opinion publique française est atterrée et Gambetta déclare : "Metz a capitulé. Un général sur qui la France comptait, même après le Mexique, vient d'enlever à la patrie en danger plus de cent mille de ses défenseurs. Le maréchal Bazaine a trahi. Il s'est fait l'agent de l'homme de Sedan, le complice de l'envahisseur, et, au milieu de l'armée dont il avait la garde, il a livré, sans même essayer un suprême effort, cent vingt mille combattants, vingt mille blessés, ses fusils, ses canons, ses drapeaux et la plus forte citadelle de la France, Metz, vierge, jusqu'à lui, des souillures de l'étranger". La seconde armée allemande est alors libre de rejoindre la vallée de la Loire dans le but de vaincre l’Armée de la Loire. Combat à Gray et Mantoche (Haute-Saône) où un corps de francs-tireurs et de mobiles attaque les Prussiens en marche sur Dijon. Le capitaine Blondel, commandant de ces francs-tireurs, est tué au cours de cet engagement.
Le 28 octobre 1870, voyant que le village du Bourget, tenu par les prussiens depuis la mi-septembre, et placé devant ses avant-postes n’est gardé que très faiblement, le général de Bellemare donne l’ordre au commandant Rolland, des francs-tireurs de la Presse, de s’en emparer. Vers 4 heures du matin, 250 hommes entrent dans la partie sud du village et en chasse le poste prussien. Ces hommes, aidés par 2 bataillons du 135ème de ligne et le 14ème des mobiles de la Seine se rendent maitres du village. Sans avoir opposé une résistance bien sérieuse, la compagnie allemande se retire sur Pont-Iblon. Malgré toutes les dispositions prises par le général Bellemare pour garder sa conquête et sa demande d’artillerie, restée sans réponse, au général Trochu, ce dernier « médiocrement satisfait du résultat d’une opération entreprise sans son ordre direct, et dont il n'a été prévenu qu’après coup » ne fait rien pour aider à la conserver. Ce même 28 octobre, à Formerie dans l’Oise, une compagnie du 5ème bataillon de marche placé sous le commandement du commandant Barreau, le 1er bataillon des mobiles de l’Oise renforcé par le 1er bataillon des mobiles du Pas-de-Calais, repousse une colonne prussienne de 1500 hommes et six canons. (Celle-ci commandée par le général Senfft avait pénétré dans la ville à 9 heures du matin). Après une vive fusillade, le commandant Barreau envoie, vers 11 heures et demi, un détachement sur les derrières de l’ennemi ; celui-ci craignant d’être coupés, bat en retraite. La défense de Formerie se solde par six Français tués et une vingtaine de blessés dont deux officiers, les capitaines Alavoine et Dornat. L'ennemi, de son côté, accuse dix tués, dont un sous-officier de l'infanterie de la garde, et une douzaine de blessés qui entreront le lendemain à l'hospice de Beauvais.
Le 30 octobre 1870 au Bourget malgré une résistance acharnée les Prussiens reprennent le village qui était resté aux mains des Français après le combat du 28. Les troupes prussiennes chargées de l’attaque se composent de 9 bataillons et de 5 batteries soit 8000 hommes environ. Malgré une défense héroïque les français lâchent pied et abandonnent le terrain. Sous les ordres du commandant Brasseur une poignée de soldats résiste héroïquement dans l'église jusqu'à la dernière cartouche. Les Allemands doivent utiliser le canon pour les déloger et les amener à se rendre. Lors de cette journée le commandant des mobiles Ernest Baroche trouve glorieusement la mort, (la rue où il est tué porte aujourd'hui son nom). […] « Ce combat, mal engagé, encore plus mal dirigé se terminait donc partout, vers une heure dans un désordre tel qu’il n’a pas été possible d’établir de notre côté un tableau exact des pertes. Le général Ducrot les évalue à 11 ou 1200 hommes. » […] D’ailleurs, à voir comment l’opération avait été conduite, à voir à quel point le commandement supérieur s’en était désintéressé, laissant le général de Bellemare sans artillerie, abandonnant au hasard et sans pain, pendant 48 heures de pluie battante, des troupes harassées et des officiers livrés à leur propre inspiration, on se demande quelle tactique était suivie en cette affaire et même si on en suivait une ! » (Lt. Colonel Rousset in Histoire populaire de la guerre de 1870-71).
En Alsace deux compagnies de francs-tireurs occupent les villages de Geberschwhir et de Pfaffenheim ainsi que la plupart des villages du vignoble alsacien entre Thann et Husseren. Les troupes allemandes du général von Treskow qui se dirigent sur Belfort, renseignées sur ce fait, tentent de les capturer. Geberschwhir occupé, un groupe de francs-tireurs retranché dans le cimetière est contraint de se retirer vers la chapelle du Schauenberg sur les hauteurs de Pfaffenheim. Les allemands ouvrent un violent feu d’artillerie, le Schauenberg est sérieusement endommagé ainsi que ses bâtiments et sa chapelle, mais il n’y a aucune victime.
31 octobre 1870 -Prise de Dijon. A l’aube du 30 octobre, soldats et mobilisés tentent de défendre la ville contre deux brigades badoises de 8000 hommes environ, avant-garde de l'armée prussienne. La bataille est acharnée, le général Adrien Fauconnet qui commande les Français est tué ainsi que 100 hommes et 200 autres sont faits prisonniers. Les Allemands perdent 150 hommes mais, sans artillerie, les défenseurs de la cité doivent capituler après cette journée de combat. Dijon capitule le 31 et est occupée par des troupes du général von Werder. Après les nouvelles de la reprise du Bourget et de la reddition de la ville de Metz une insurrection populaire éclate à Paris contre Louis-Jules Trochu et son Gouvernement. Le général Trochu, un moment pris en otage avec d’autres membres du gouvernement, réussit à échapper aux émeutiers et proclame : « Le gouverneur de Paris ne capitulera pas».
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Premier novembre 1870 -Bismarck et Thiers s'entretiennent à Versailles pour débattre les conditions de l'armistice mais les négociations ne peuvent aboutir et l’entrevue se solde par un échec.
2 novembre 1870 -Levée en masse et mobilisation des hommes valides de 21 à 40 ans.
3 novembre 1870 -Les troupes allemandes, commandées par le général von Werder investissent les pourtours de la ville et commencent le siège de Belfort qui ne cessera qu'à l'armistice du 28/01/71. Il faudra un ordre formel du Gouvernement de la Défense nationale pour que le lieutenant-colonel Denfert-Rochereau consente à se rendre. Les défenseurs quitteront la forteresse avec "Les honneurs de la guerre" le 15 février 1871.
Le 7 novembre 1870 des uhlans prussiens essuient des coups de feu tirés par une section de francs-tireurs de la guérilla rouennaise et quelques habitants de Forêt-la-Folie dans l’Eure. En répression 300 Prussiens avec trois canons bombardent Forêt-la-Folie et Guitry, maltraitent et arrêtent 22 personnes. Trois personnes sont tuées à Forêt-la-Folie et à Guitry d'où n'est partie aucune provocation, le maire, menacé plusieurs fois d'être fusillé, n'échappe à la mort que par son sang-froid. Il en est quitte pour voir son habitation incendiée sous ses yeux mais, moins heureux que lui, huit habitants qui reviennent des champs sont massacrés.
8 novembre 1870 --Capitulation de Verdun. La ville, assiégée et sous le coup de 140 grosses pièces d'artillerie, se rend. Passée sous l’autorité allemande la ville de Verdun sera administrée par le préfet Bethmann-Hollweg jusqu'au 13 septembre 1873.
9 novembre 1870 -Les Français de l’Armée de la Loire remportent à Coulmiers leur première indiscutable victoire depuis le commencement de la guerre. Les troupes des généraux Peytavin et Barry, 65.000 français environ, forcent 22.000 allemands du 1er corps bavarois à battre en retraite. L'artillerie française bombarde l’ennemi avec les canons du général Duriés causant la panique dans son campement et l'infanterie française charge à la baïonnette. Le parc de Coulmiers, dernier centre de résistance des forces bavaroises, est pris et les Bavarois laissent 800 hommes hors de combat et 2500 prisonniers. Les pertes françaises s’élèvent à 1500 tués ou blessés et 200 disparus.
10 novembre 1870 -Après une lutte de deux jours et suite à la bataille de Coulmiers, la ville d'Orléans est libérée par les troupes françaises de l’Armée de la Loire, sous les ordres du général d’Aurelle de Paladines. Les Bavarois évacuent la ville qui est de nouveau occupée par l’armée française. Les pertes, françaises, tant en tués qu’en blessés, s’élèvent à 1800 hommes, celles de l’ennemi sont plus considérables et il a plus d’un millier de prisonniers. Ces nouvelles redonnent un peu d'espoir au gouvernement de la Défense nationale et l'idée d'une sortie de Paris pour tenter une percée commence à faire son chemin. Le même jour, Montbéliard tombe aux mains des Allemands.
11 novembre 1870 -Reddition de Neuf-Brisach après les violents bombardements du 2 au 10. Les fortifications de Vauban on peu souffert mais la cité est détruite. Sur les 280 maisons de la ville, 125 sont complètement détruites ; 140 sont gravement atteintes et 15 seulement restent intactes. Dans le Doubs, les Français poursuivi par l'armée prussienne, font sauter derrière eux un pilier du pont de Clerval mais cela ne retarde pas l'ennemi qui traverse avec ses chevaux et ses canons sur le Doubs gelé. Après un essai de résistance honorable à Brienon, Joigny (Yonne) tombe aux mains des troupes ennemies.
12 novembre 1870 -Occupation de Sens.
15 novembre 1870 -La cité de La Fère est assiégée par la 4ème brigade d’infanterie du 1er corps d’armée prussien.
16 novembre 1870 -Occupation de Chablis, Villeneuve-l’Archevêque et Tonnerre dans l’Yonne.
17 novembre 1870 -Combat à Dreux. Prise de la ville par le Grand Duc de Mecklenburg. Affrontement derrière la forêt de Dreux vers Berchères-sur-Vesgre entre la 5ème division allemande et les troupes du lieutenant-colonel Thomas, un détachement de mobiles de l'Ardèche et de francs-tireurs de l'Iton. Ce même jour à Gressey dans un champ près du hameau de la Mare, neuf habitants du village, âgés de 17 à 43 ans, sont fusillés par des soldats allemands furieux d’avoir perdu des hommes aux environs de Berchères-sur-Vesgre.
Le 19 novembre 1870 à Châtillon-sur-Seine succès de Ricciotti Garibaldi qui surprend les Allemands avec les francs-tireurs de l'Armée des Vosges. 80 Allemands sont tués et 200 faits prisonniers. Meurtres, pillages, prises d’otages, réquisitions et humiliations de toutes sortes seront ensuite exercées en représailles par l'ennemi. Combats dans l’Aisne où la 7ème et 11ème compagnie des volontaires de la Somme et une compagnie des mobiles du Gard, environ 800 hommes, partis de Ham avec quatre canons, attaquent Tergnier pour soulager la garnison de La Fère. Les assaillants sont repoussés à Vouël où 1100 Prussiens se sont retranchés dans des maisons en y pratiquant des meurtrières et tirent sur eux presque à bout portant. Les mobiles du Gard se débandent et ces troupes se replient en désordre sur Ham.
20 novembre 1870 -Une partie des troupes de Frédéric-Charles détachées de Metz occupe Montargis. Combat de la Madeleine-Bouvet dans l’Eure-et-Loire, près de Nogent-le- Rotrou, entre les troupes du général Rousseau et la 17ème division prussienne, von Tresckow. Premier combat de Nuits-Saint-Georges.
21 novembre 1870 -Après le bombardement du 20 novembre le général Zastrow, commandant du 7ème corps allemand, entre dans Auxerre, ville qui sera abandonnée et réoccupée, plusieurs fois dans le courant de la guerre. Combat à Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loire) entre des troupes du général Rousseau et la 22ème division du général Ludwig von Wittich. Combats à la Fourche dans l’Orne qui se solde par 80 soldats allemands et 21 français tués, à la Madeleine-Bouvet (Orne) et à Thiron-Gardais dans l’Eure-et-Loir où 60 allemands et une vingtaine de français sont tués lors d'un combat entre entre d'autres troupes du général Rousseau et une importante formation de la 2ème division bavaroise.
22 novembre 1870 -Attaque de Nogent-le-Rotrou par les troupes du grand-duc de Mecklembourg. Combats à Bellême (Orne) et à la Ferté-Bernard (Sarthe) entre les mobiles du général Rousseau et une partie de la 5ème division de cavalerie et la 3ème brigade d’infanterie bavaroise (général-major Von Schumacher).
Le 24 novembre 1870 à Ladon 1400 fantassins français (Mobiles de la Loire et de la Haute-Loire, 44ème de marche et francs-tireurs du Doubs) tiennent en échec pendant 4 heures 4000 fantassins des troupes du grand-duc de Mecklembourg appuyés par 12 pièces d’artillerie et 2 escadrons de dragons. Le combat de Ladon fera, coté français, 1 officiers tué et 2 blessés, 25 soldats tués, 80 blessés et une centaine de disparus. Combats de St Loup et de Montbarrois dans le Loiret où 300 dragons hessois appuyés par de l’infanterie sont attaqués par deux escadrons du 2ème régiment de marche de Lanciers. La colonne de dragons est mise en fuite. L’infanterie prussienne, masquée par un bois et par les maisons de Montbarrois empêchent, par une vive fusillade, ces cavalier de poursuivre leur succès au-delà de ce dernier village. Le lieutenant-colonel commandant ce régiment est fait prisonnier avec 3 autres officiers, 4 lancier sont tués et 4 blessés. Les allemands perdent 2 officiers, 7 hommes et 6 chevaux. Capitulation de Thionville.
Le 25 novembre 1870 à 5 heures du matin, un groupe d’environ 50 francs-tireurs et Garibaldiens se forment en deux groupes et attaquent vigoureusement les deux postes allemands installés l’un « au Péage », l’autre à « la Halle » à Auxon dans l’Aube. Après un combat de trente minutes, les Allemands croyant se trouver en face de forces plus conséquentes lâchent prise et se replient sur la route de Troyes laissant 9 homme tués et 10 autres blessés dont 8 sont faits prisonniers. Coté français 9 hommes sont tués et 1 gravement blessé. Les troupes prussiennes reviendrons le lendemain et en représailles brutaliseront les habitants saccageront, pilleront les maisons et incendieront une grande partie du village d’Auxon.
26 novembre 1870 -Garibaldi, à la tête de l'Armée des Vosges, ne peut reprendre Dijon et doit faire retraite. Combats à Pasques. Chocs entre des troupes de reconnaissance allemandes et l'Armée du Nord près d'Amiens.
27 novembre 1870 -Les 17 000 soldats du général Farre et les 8 000 hommes de la garnison d'Amiens affrontent les Prussiens commandés par le général Manteuffel. Attaqués sur la droite à Dury, au centre à Villers-Bretonneux les Français sont débordés par la cavalerie allemande et contraint de se replier derrière la Somme en évacuant Amiens. Environ 1383 soldats français sont tués ou blessés, et mille porté disparus. Les Prussiens perdent 1216 soldats et 76 officiers. Victoire du Général von Manteuffel à Moreuil sur l'Armée du Nord. A La Fère, dans l’Aisne après les durs bombardements du 26 novembre incendiant les casernes, l’hôtel de ville, l’Hôtel-Dieu et une partie des maisons de la ville, le capitaine de frégate Jacques Ferdinand Planche, commandant de la place, est contraint de capituler. La Fère sera occupée jusqu’au 28 octobre 1871.
Le 28 novembre 1870 le général d’Aurelle de Paladines avec la 1er Armée de la Loire, forte de 60 000 hommes attaque le prince Frédéric-Charles II de Prusse à Beaune la Rolande où son armée est retranchée. 35 000 hommes sont déployés en vue de cette opération mais les deux tentatives pour enlever Beaune la Rolande sont repoussées. Les Français renoncent à bombarder la ville, seule solution efficace pour venir à bout des Allemands. Vers 15 heures 30 Le général Crouzat tente de monter une attaque de la dernière chance vers la barricade barrant la route de Boiscommun à l'ouest de Beaune-la-Rolande mais la barricade est en feu et le tir des Prussiens est particulièrement terrible. Malgré le courage des troupes qu'il a pu rassembler, composées de Zouaves et de gardes mobiles l’attaque du général Crouzat échoue. La nuit tombe, l'aile gauche française a cédé, il faut cesser le combat. La ville n'est pas tombée et la confusion règne dans les rangs français qui battent en retraite vers leurs positions du matin. Lors de cette journée où des combats ont aussi eu lieu à Lorcy et Juranville, les Français perdent 1000 hommes, tués et 3500 blessés et prisonniers. Les Prussiens perdent 817 hommes (tués, blessés ou prisonniers). Occupation d’Amiens par le général von Goeben.
29 novembre 1870 -Combat à L'Haÿ et Choisy-le-Roi. Démonstrations en avant d'Aubervilliers, dans la presqu'île de Gennevilliers et en avant du Mont-Valérien. Un escadron saxon est défait (100 Saxons sont tués et autant faits prisonniers) devant Etrépagny par des soldats de la garde mobile commandés par le Général Briand, mais le général saxon comte de Lippe ordonne des représailles à l'encontre des habitants d'Etrépagny accusés d'avoir aidé les mobiles français aussi, le lendemain 30 novembre, à 14 heures, un détachement de cavalerie saxon entre dans la ville avec plusieurs tombereaux de paille et du pétrole et bientôt l'incendie fait rage. Quelques maisons sont épargnées moyennant le versement d'importantes sommes d'argent de la part des habitants. Les pompes à incendie sont détruites. Quand, après le départ des Saxons, les secours arrivent des villages voisins, vers 18 heures, 53 maisons et 7 fermes sont entièrement anéanties.
30 novembre 1870 -Combats à Choisy-le-Roi et Épinay où l'amiral La Roncière-Le-Noury et la brigade Henrion, composée du 135ème régiment d'infanterie, de deux compagnies de fusiliers marins et des 1er, 2ème et 3ème bataillons des mobiles de la Seine s’emparent du village retranché d'Épinay, font 72 prisonniers, dont un aide de camp, et capturent des munitions et 2 pièces pièces d'artillerie ennemies.
Le 30 novembre et du 1 au 3 décembre 1870 l'Armée de Paris tente une percée à Champigny sur Marne. La bataille d'abord bien commencée par les français tourne à la défaite, le froid très vif affecte fortement les combattants et les pertes sont lourdes. Sans profiter de l'avantage acquis, le général Ducrot ordonne la retraite. Ces tristes journées se solderont par la mort de nombreux soldats français et de 2 généraux ; Renault et Ladreit de La Charrière.
[...]"L'Armée du général Ducrot devait passer la Marne, le 29 novembre, dans la boucle de la rivière entre Joinville et Bry. La construction des ponts ayant été retardée, le passage ne s'effectua que le 30 novembre ; malheureusement, la veille, plusieurs démonstrations avaient été faites sur divers points, et les Allemands, ainsi prévenus, se tenaient sur leurs gardes. L'attaque fut menée très vigoureusement ; mais toutes les difficultés n'ayant pu être prévues, les mouvements des colonnes ne se firent pas avec la précision désirable. Certaines fractions attaquèrent trop tôt, d'autres arrivèrent trop tard. Leurs efforts restèrent décousus. L'ennemi avait organisé une ligne de résistance extrêmement forte. Le parc de Villiers, particulièrement, était transformé en une véritable citadelle dont les feux battaient les glacis en avant. Plusieurs attaques, héroïquement répétées, vinrent échouer devant cette position. A la nuit tombante, le combat cessa ; nous restâmes maîtres de Champigny et de Bry Tandis que la bataille principale se livrait à Champigny, une offensive était également dirigée sur Choisy-le-Roi et une autre sur Montmesly. Ces deux actions, insuffisamment liées entre elles et avec l'action principale, n'eurent aucun résultat. Le combat de Montmesly avait été cependant très sérieux. Les troupes françaises perdirent à Choisy, une centaine d'hommes hors de combat ; à Montmesly, environ 1200 hommes dont 130 morts ; les Allemands, environ 500 hommes. Le froid dans les nuits suivantes fut exceptionnellement rigoureux. La bataille recommença le 2 décembre. Les Allemands reprirent partout l'offensive, sans réussir à enlever nos positions. Une quatrième nuit dut être passée au bivouac, par une température glaciale. Le 3 au matin, voyant l'état de ses soldats, cruellement éprouvés par le froid et épuisés, le général Ducrot les ramena de l'autre côté de la Marne. La retraite se fit en ordre. Les pertes du 30 novembre au 3 décembre furent d'environ 12.000 hommes, dont 2000 tués, 8000 blessés, 2000 disparus ; celles de l'ennemi, moitié moindres". (Général Niox in "La Guerre de 1870 simple récit" édition Delagrave 1897)
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Premier décembre 1870 -Une division du 16ème corps (général Chanzy) attaque Villepion et en chasse l'ennemi. Les pertes s'élèvent à un millier d'hommes de part et d'autre. Les Allemands bombardent et attaquent Autun mais ils sont repoussés par les troupes garibaldiennes, les mobiles et francs-tireurs des Alpes-Maritimes.
2 au 4 décembre 1870 -le 2 décembre 1870 l'Armée de la Loire (40.000 hommes) commandé par le général Chanzy est battue par l'armée allemande du grand Duc de Mecklembourg (35.000 hommes) à Loigny. Les pertes sont lourdes dans ces combats de Loigny, Poupry et Patay (4 décembre) l'Armée de la Loire y laisse 7000 hommes dont 2500 prisonniers, coté allemand 4000 hommes, dont 2300 bavarois, sont tués.
3 décembre 1870 -Le Prince Charles Frédéric pénètre par Chilleurs-aux-Bois et Chevilly jusque dans la forêt d’Orléans. Combat à Châteauneuf dans la Côte-d'Or.
5 décembre 1870 -Les villes d'Orléans et de Rouen sont réoccupées par l'ennemi. Combat à Montbéliard. Un parlementaire apporte la lettre suivante adressée par le comte von Moltke au général Trochu. « Versailles le 5 décembre 1870. Il parait utile d’informer votre excellence que l’Armée de la Loire a été défaite près d’Orléans et que cette ville a été récupérée par les troupes allemandes. Si toutefois votre excellence juge à propos de s’en convaincre par un de ses officiers, je ne manquerai pas de le munir d’un sauf-conduit pour aller et venir. Agréez, mon général, l'expression de la haute considération avec laquelle j'ai l'honneur d'être votre très humble et très obéissant serviteur ». Le général y répond en ces termes « Votre Excellence a pensé qu'il pourrait être utile de m'informer que l'Armée de la Loire a été défaite près d'Orléans et que cette ville est réoccupée par les troupes allemandes. J'ai l'honneur de vous accuser réception de cette communication, que je ne crois pas devoir faire vérifier par les moyens que Votre Excellence m'indique. Agréez, mon général, l'expression de la haute considération avec laquelle j'ai l'honneur d'être votre très humble et très obéissant serviteur. Le gouverneur de Paris, Général Trochu ». Une proclamation suit : « Cette nouvelle qui nous vient par l'ennemi, en la supposant exacte, ne nous ôte pas le droit de compter sur le grand mouvement de la France accourant à notre secours. Elle ne change rien ni à nos résolutions ni à nos devoirs. Un seul mot les résume : Combattre! Vive la France! Vive la République! Les membres du gouvernement ».
Du 6 au 10 décembre 1870 la deuxième Armée de la Loire, constituée à partir de celle d'Aurelle de Paladine, destitué le 4/12, et commandée par le général Chanzy défend les lignes de Josnes et du Loir contre l'armée du grand-duc de Mecklembourg-Schwerin. Vallière (7/12), Villermain (8/12) , Foinard (7/12), Cravant (7-10/12), Villorceau (8-9/12), Marchenoir (7-8-9/12), Beaumont (7-8/12), Cernay (8-9/12), Origny (9/12), Montlivault (9/12),Ourcelles (9/12), Villejouan, (9-10/12) Beaugency (7-10/12), Marolles (8/12), Villechaumont (8/12), Messas (8/12), Tavers (9/12), Meug-sur-Loire (6/12), Baule (7 /12) sont le théâtre de combats où la deuxième Armée de la Loire tiens l'ennemi en échec. Le 11 décembre Chanzy, ayant perdu près de 5 000 hommes, entame, à l'insu de l'ennemi un mouvement de retraite sur le Loir.
7 décembre 1870 -Recul de l'Armée de la Loire à Blois. Combat d’avant-gardes à Nevoy dans le Loiret. Dans le Loir-et-Cher, à Nouan-le-Fuzelier des cavaliers la 6ème division de cavalerie allemande sont repoussés par un escadron de dragons français. Combat à Salbris (Loir-et-Cher) où les français parviennent à se maintenir.
8 décembre 1870 -Transfert de la délégation du Gouvernement français de Tours à Bordeaux.
9 décembre 1870 – Prise de Dieppe […] «Pour couper toute communication entre l'Armée du Nord et celle du Havre, le général de Manteuffel, dès son arrivée à Rouen, avait décidé une expédition contre le littoral. Deux bataillons d'infanterie, une brigade de cavalerie, cuirassiers et uhlans, avec une batterie à cheval, furent réunis le 7 à Clères sous les ordres du général-major comte de Dohna. Le 8, ce détachement marcha sur Omonville et, le 9, sur Dieppe où il entra sans résistance. Après avoir brisé les fusils, encloué les canons de marine trouvés au château et dans les batteries de côtes, coupé les fils du télégraphe et enlevé les appareils, il détruisit les postes sémaphoriques et rasa les mâts de signaux, sans oublier de faire de nombreuses réquisitions, surtout à la Manufacture des tabacs ; le lendemain, le général de Dohna se retira sur Auffay. L'occupation d'un de nos ports de mer, connue le 10 à Versailles, fut aussitôt annoncée en Allemagne et célébrée par la presse de ce pays à l'égal d'un important succès. Nos journaux racontèrent qu'à la vue de la mer, les cavaliers du comte de Dohna s'étaient découverts et avaient poussé trois hurrahs pour leur roi et leur patrie. On comprend l'émotion de ces soldats quelques mois auparavant, ils n'espéraient guère franchir le Rhin allemand et, après des succès inouïs, ils se voyaient tout à coup transportés jusque sur les rivages de la Manche». Le château de Chambord est pris d'assaut par la 25ème division du 9ème corps allemand, sous les ordres du prince Louis de Hesse. Quatre bataillons de soldats de l’Armée du Nord du général Faidherbe, nouvellement investi du commandement de cette armée, réussissent, armés d’une batterie de quatre, à s'emparer de Ham et de sa forteresse.
11 décembre 1870 -Combat entre La Fère et Chauny. L'Armée de la Loire se dirige vers Le Mans. Dans le Loiret Combats à Séris où le général Roquebrune repousse les colonnes de la 17ème division d'infanterie prussienne et parvient à se maintenir dans Séris et à Villermain où les Allemands ne peuvent déloger les Français
14 décembre 1870 -Les villes de Phalsbourg et de Montmédy capitulent. Les combats de Fréteval et Morée, menés par le grand-duc de Mecklembourg contre la 2ème Armée de la Loire (21ème corps, général Jaurès) tournent à l'avantage des Allemands.
Le 15 décembre 1870 le prince Frédéric-Charles attaque Vendôme avec deux corps d'armée, les soldats du général Chanzy s'y défendent bien et, au soir de cette journée, restent sur leurs positions mais les hommes sont exténués et le froid, l’humidité, le campement dans la boue et l’interdiction d’allumer des feux de bivouac les démoralisent. Le lendemain, Chanzy commence un repli sur la Sarthe.
16 décembre 1870 –Au siège de Paris les vivres diminuent, la viande qui était rationnée manque totalement, ainsi que le bois et le charbon. Le gouverneur de Paris ordonne que l'on procède aux réquisitions des chevaux pour les abattre et les manger. Les queues s'allongent pour un morceau de mauvais pain. On continue à manger du chat et du chien et à chasser le rat.
17 décembre 1870 -Combats de Droué-la-Fontenelle au nord-nord- ouest d'Epuisay, dans le Loir-et-Cher, entre la division Gougeard et la 5ème division de cavalerie allemande du général-major von Barby.
Le 18 décembre 1870, les allemands, qui veulent s'ouvrir un passage vers Lyon, tentent de s'emparer de Nuits Saint Georges. L'opération a été minutieusement préparée et est menée sous la conduite directe du général August von Werder avec une division badoise. Les Badois combattent les légionnaires du Rhône et de la Gironde. Les combats sont rudes, les forces françaises du général Cremer ont établi une ligne de résistance le long de la voie ferrée et résistent malgré des moyens en homme et matériel très inférieurs. Après une journée de combat, les corps-francs doivent battent en retraite. Environ 1200 Français sont prisonniers 97 officiers allemands sont tués et un prince de Bade est blessé. Les vainqueurs pillent l'hôpital, les boutiques, les auberges, incendient et passent au crible la ville maison par maison
Le 20 décembre 1870 le général Von Mirus, commandant la 6ème brigade de cavalerie qui est à Amiens depuis deux jours, envoie une reconnaissance forte d'un escadron de cavalerie, d'un bataillon et d'une batterie d'artillerie en direction de Querrieu. À deux kilomètres en avant de Querrieu, les Allemands se heurtent à un avant-poste français et engagent le combat. Deux bataillons français réagissent avec vigueur, le général Du Bessol lance trois compagnies partant de Bussy-lès-Daours sur le flanc droit de l'ennemi. Celui-ci se voit contraint au repli, d'abord sur la ferme des Alençons, puis sur Amiens. Dans cette affaire, les Allemands perdent trois officiers et soixante-neuf hommes tués ou blessés. Les Français ont sept morts et vingt blessés.
21 décembre 1870 -Échec d’une nouvelle tentative de sortie de l’Armée de Paris vers Saint-Denis, Ville-Evrard et le Bourget. A 4 heures 30 par une température glaciale de -14°, l'ordre de marche est donne. Au Bourget, deux colonnes attaquent au nord et au sud du village. Les marins de l’amiral de la Roncière le Noury se battent jusqu’au corps à corps à la hache. Les prussiens reculent à la hauteur de l'église mais à cet endroit la mitraille est trop meurtrière et les canons prussiens basés au Pont-Iblon empêchent tout passage. L’attaque échoue, les troupes françaises se retirent alors dans les tranchées qui forment les points d'appui du champ de bataille. Près de 1000 français sont tués dans cette journée. Sans abri, par une gelée intense, la nuit de bivouac qui suit ce combat éprouve très péniblement les soldats et il y a de très nombreux cas de congélation. Le Bourget perdu pour la deuxième fois, restera aux mains de l'ennemi jusqu'à l'armistice.
23 décembre 1870 -Après une escarmouche devant Querrieu a lieu la bataille de Pont-Noyelles ou de l'Hallue, des combats ont lieu à Vecquemont, Pont-Noyelles Fréchencourt, Daours Montigny-sur-l'Hallue et Béhencourt. La bataille oppose 40.000 soldats du général Faidherbe au 22.500 Prussiens de Manteuffel. L'objectif français est de reprendre Amiens, occupée par les Prussiens depuis le mois de novembre et ses voies de communication vers Paris. Les Français subissent de lourdes pertes mais les Prussiens ne peuvent se maintenir sur les hauteurs qu'ils contrôlaient. Après que leur attaque soit repoussée les Français continuent à lancer des offensives, sans résultat décisif. Un millier de soldats français sont tués et 1300 capturés, les Prussiens ont presque 1000 tués ou blessés.
Le 27 décembre 1870 au matin les forts de l'Est, de Noisy, Nogent, Rosny et le plateau d'Avron , à l'est de Paris, sont bombardés. Soixante pièces d’artillerie allemandes concentrent leur tir sur le plateau d’Avron occupé par les artilleurs Français. Le bombardement du plateau est intense, 100 hommes y sont tués ou blessés et, la position devenant intenable, les Français doivent la quitter, avec mille difficultés, dans la nuit du 28 au 29. Ils parviennent tout de même, par un froid intense qui verglace les chemins et les rends difficilement praticables, à en retirer leurs canons pour en éviter la capture. La ville de Montoire sur le Loir occupée le 21 décembre est reprise par le Général Jouffroy.
Le 28 décembre 1870 à Longpré-les-Corps-Saints (Somme) 2000 Prussiens environ investissent la localité et combattent, dans la neige de 13h à 15h30, des mobilisés du Nord (500 hommes) et des mobiles du Pas de Calais (600 hommes). Le combat est vif. Les mobilisés et mobiles français sont armés de vieux fusils à piston et n'ont pas une confiance assurée dans leurs armes ; l'habitude, la discipline et l'esprit militaire leur font complètement défaut et plusieurs succombent après avoir vaillamment combattu. Quatre habitants de Longpré meurent aussi frappés dans l'engagement. Le château est pris, une grande résistance est maintenue, on se bat dans le cimetière situé autour de la Collégiale. On dénombre 8 tués et 15 blessés du côté français. 150 prisonniers et 22 habitants du village sont pris en otages et emmenés à Airaines. « Les mobiles et les mobilisés du Pas de Calais, faits prisonniers à Longpré, ainsi que des habitants du village furent enfermés la nuit du 28 au 29 décembre 1870, dans l’église d’Airaines. Le curé de cette paroisse, M. l’abbé Louis Barthélémy Zéphyrin Roussel, parvint à force d’énergie, à sauver de l’exil les 22 habitants de Longpré. Nos mobiles et nos mobilisés étaient alignés entre les chevaux de la cavalerie prussienne ; la colonne se mit en marche au signal du départ. Pour eux commençait le long voyage de l’exil et de la captivité : il dura dix jours et dix nuits. » Télégramme allemand (dépêche) envoyé d'Albert : ”Le 28, le Colonel Pestel, des uhlans, avec une colonne volante de 3 compagnies et 3 escadrons, a battu près de Longpré, 3 bataillons de gardes mobiles : il leur a pris 3 drapeaux (ceux de la Mairie, des pompiers et d'une ambulance), 10 officiers et 230 hommes. De notre côté il y a eu 6 hommes blesses.”
Le 29 décembre 1870 à Péronne, un jeune marin brestois, Jean Delpas qui participe à la défense de la ville assiégée et bombardée depuis le 28, est tué sur sa pièce d’artillerie. Il est donné en exemple par les habitants de Péronne qui font de lui le témoin héroïque d'un siège et d’un bombardement cruel (du 28 décembre 1870 au 9 janvier 1871). Jean Delpas a aujourd'hui sa statue à Péronne, ville qui a su ainsi rendre hommage à cet artilleur fusilier marin. […] « Les Prussiens avaient fait ainsi à Péronne. Ils avaient bombardé la ville à outrance, puis ils l’avaient sommée de se rendre. Le commandant avait résisté d’abord; le chef du génie de son côté disait avec énergie devant le conseil réuni pour examiner la situation : « Nos défenses sont intactes, nous n’avons pas une pièce démontée. Le bombardement ne peut plus faire de grands dégâts, le mal est fait. Il ne s’agit pas de gloriole militaire ; Péronne est la clé de la Somme, la possession de cette place peut être pour l’une et l’autre des deux armées en présence d’un immense intérêt... » Le conseil de défense n’avait pas partagé cet avis, le commandant de la place s’était résigné, et Péronne avait capitulé le 10 janvier ! »
31 décembre 1870 -Victoires allemandes à Moulineaux et Grand-Couronne près de Rouen où les mobiles de l’Eure et de l’Ardèche, sous le commandement du général Roy, parviennent à déloger l’ennemi des hauteurs boisées qui, sur la rive gauche de la Seine, en aval de Rouen, dominent les villages des Moulineaux, de la Bouille et de la Londe. Une poursuite imprudente permet aux Allemands d’engager leurs réserves et de faire donner leur artillerie qui inflige de lourdes pertes aux unités françaises témérairement aventurées. Combat à Vendôme, engagements au château de Bel-Air et à Danzé. Le général Jouffroy qui a pris Montoire le 27 décembre est d’abord victorieux à Bel-Air et aux abords de Vendôme mais l'insuccès de Danzé, sur son flanc gauche le fait battre en retraite avec ses 27 bataillons. Combat de cavalerie à Varennes, dans le Loir et-Cher, entre les éclaireurs algériens du colonel Goursaud et une arrière-garde de cuirassiers blancs qui s'enfuit en laissant sur le terrain 4 tués, 1 blessé et 3 chevaux. Les éclaireurs algériens ensuite soumis au feu des batteries des hauteurs de Villaria et de la Chaise dégagent les abords de Varennes par une brillante charge en fourrageurs qui fait beaucoup de mal à l'ennemi, et se retirent sur Montoire, 10 hommes et 10 chevaux sont perdus dans ces combats. Combats d'avant postes à Belfort.
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2 janvier 1871 -Capitulation de Mézières.
Le 3 janvier 1871 à Bapaume, après plusieurs combats d’avant-garde livrés le 2 et dans l’intention de secourir la ville de Péronne assiégée, l'Armée du Nord remporte une victoire sous le commandement du général Faidherbe. Les Français sont victorieux sur toute la ligne et les Allemands, inférieures en nombre (15 000 hommes contre 25 000 Français), sont chassés de toutes les positions qu'ils occupaient. Faidherbe laisse cependant passer l'occasion de donner à sa victoire un caractère décisif, en ne faisant pas coûte que coûte recommencer le lendemain la marche en avant, comme le voulaient plusieurs de ses généraux. Il n'y a pas à douter que Péronne aurait été délivré le lendemain même, puisque le major Schell du grand état-major prussien nous apprend dans son livre les Opérations de la première armée que « le général Barnekow reçut le 3 janvier à deux heures l'ordre de se tenir prêt à lever le siège ». « Le général en chef de l'armée du Nord, en présence du froid extrême, de la fatigue des troupes, de la nécessité du ravitaillement, et comptant sur une défense de Péronne assez longue pour lui permettre de renouveler sa tentative à quelques jours de délai, donna l'ordre à ses troupes de se retirer, le 4, à une dizaine de kilomètres au Nord de Bapaume, dans leurs cantonnements de Boisleux (Boisleux-au-Mont et Boisleux-Saint-Marc), pour se refaire avant de reprendre la lutte. La bataille de Bapaume avait coûté à la France 1319 hommes tués ou blessés et 800 disparus dont le plus grand nombre se composait de mobilisés du général Robin, rentrés sans plus de façon dans leurs foyers. Les Allemands avouèrent le chiffre de 40 officiers et 740 hommes tués ou blessés, mais des témoignages dignes de foi portent ce nombre à 1100 hommes environ. Si l'on fait abstraction de la division Robin qui fut pour les Français plutôt un élément de faiblesse qu'une aide efficace, à cause de la confiance que sa pusillanimité inspirait aux Prussiens, nous évaluerons les forces françaises à environ 25 000 hommes dont un quart de mobiles. Les Allemands disposaient de 15 000 hommes abrités derrière les obstacles les plus faciles à défendre ».
Le 4 janvier 1871, à Bourgtheroulde dans l’Eure, des combats très durs opposent des mobiles des Landes et de l’Ardèche, 500 hommes environ, à de nombreuses troupes prussiennes. Un contingent allemand y tente de couper du reste de l’armée française et de mettre en déroute, trois bataillons qui retraitent. Une poignée de braves se dévoue pour tenir en échec, le plus longtemps possible, dans Bourgtheroulde, l’avance ennemie et pour couvrir ainsi le mouvement de retraite de la garde mobile. Les deux troupes, d’effectif inégal, se combattent pendant vingt minutes à portée de fusil, jusqu’à l’instant où un mouvement tournant de l’ennemi oblige les Français à lâcher prise brusquement pour repousser leurs nouveaux adversaires et rejoindre au pas de course les bataillons déjà loin. La retraite des troupes françaises est sauvée. Cet engagement coûte aux Français huit hommes tués, au nombre desquels le capitaine Pascal, des francs-tireurs du Calvados, et une douzaine de blessés, dont le capitaine de Saint-Foix, du 1er bataillon des mobiles de l'Eure. Combats à Saint-Ouen-de Touberville et Bourg-Achard dans l'Eure et en Seine-Maritime à Grand-Couronne et Les Essarts. Ce même 4 janvier, dans l'embouchure de la Gironde, la corvette prussienne Augusta capture le brick français le Saint-Marc naviguant de Dunkerque à Bordeaux et le Pierre-Adolphe, parti du Havre pour Bordeaux, deux petits navires transportant farine, pain et blé pour l'armée. Ces deux prises sont envoyées en Allemagne ; le Pierre-Adolphe coulera dans une tempête au large des côtes de Norvège et le Saint-Marc sera restitué à son propriétaire une fois la guerre terminée. Ce même jour l'Augusta capture et coule le navire de transport à vapeur Max devant la pointe de la Coubre (Charente-Maritime). La corvette Augusta ensuite pourchassée est forcée de se réfugier dans le port espagnol de Vigo d'où elle rejoindra finalement Khiel.
Le 5 janvier 1871 au matin débute le bombardement des forts du sud de Paris. Dans la soirée et dans la nuit les obus prussiens tombent ensuite sur Paris. Les premiers obus tombent rues d'Assas, des Feuillantines, dans le cimetière de Montparnasse et dans le quartier du Luxembourg. Durant la nuit du 5 au 6 janvier, le bombardement devient plus violent et touche le quartier du Panthéon, du Val-de-Grace et le Quartier Latin. Entre le 5 et le 18 janvier les forts de Montrouge, de Vanves et d'Issy sont pratiquement détruits, la capitale elle-même est très touchée du côté de la porte Maillot, ainsi qu'entre la porte d'Orléans et la porte de Saint-Cloud, comme dans l'ensemble des quartiers de la rive gauche de la Seine.
6 janvier 1871 -Le Comité central des vingt arrondissements de Paris qui réunit les membres de chaque arrondissement publie une affiche rouge, signée par 140 délégués, dénonçant la faillite du gouvernement en appelant à la création d’une Commune : « Au peuple de Paris, les délégués de vingt arrondissements de Paris. Le gouvernement qui, le 4 septembre, s’est chargé de la défense nationale a-t-il rempli sa mission ? – Non ! Nous sommes 500 000 combattants et 200 000 Prussiens nous étreignent ! A qui la responsabilité, sinon à ceux qui nous gouvernent ? Ils n’ont pensé qu’à négocier au lieu de fondre des canons et de fabriquer des armes. Ils se sont refusés à la levée en masse. Ils ont laissé en place les bonapartistes et mis en prison les républicains. Ils ne se sont décidés à agir enfin contre les Prussiens qu’après deux mois, au lendemain du 31 octobre. Par leur lenteur, leur indécision, leur inertie, ils nous ont conduits jusqu’au bord de l’abîme : ils n’ont su ni administrer ni combattre, alors qu’ils avaient sous la main toutes les ressources, les denrées et les hommes. Ils n’ont pas su comprendre que dans une ville assiégée, tout ce qui soutient la lutte pour sauver la patrie possède un droit égal à recevoir d’elle la subsistance ; ils n’ont rien su prévoir : là où pouvait exister l’abondance, ils ont fait la misère ; on meurt de froid, déjà presque de faim : les femmes souffrent, les enfants languissent et succombent. La direction militaire est plus déplorable encore : sorties sans but ; luttes meurtrières sans résultats ; insuccès répétés, qui pouvaient décourager les plus braves ; Paris bombardé. Le gouvernement a donné sa mesure : il nous tue. Le salut de Paris exige une décision rapide. Le gouvernement ne répond que par la menace aux reproches de l’opinion. Il déclare qu’il maintiendra l’ORDRE, comme Bonaparte avant Sedan. Si les hommes de l’Hôtel de Ville ont encore quelque patriotisme, leur devoir est de se retirer, de laisser le peuple de Paris prendre lui-même le soin de sa délivrance. La municipalité ou la Commune, de quelque nom qu’on appelle, est l’unique salut du peuple, son seul recours contre la mort. Toute adjonction, ou immixtion au pouvoir actuel ne serait qu’un replâtrage, perpétuant les mêmes errements, les mêmes désastres. Or la perpétuation de ce régime, c’est la capitulation, et Metz et Rouen nous apprennent que la capitulation n’est pas seulement encore et toujours la famine, mais la ruine et la honte. C’est l’armée et la Garde nationale transportées prisonnières en Allemagne, et défilant dans les villes sous les insultes de l’étranger ; le commerce détruit, l’industrie morte, les contributions de guerre écrasant Paris : voilà ce que nous prépare l’impéritie ou la trahison. Le grand peuple de 89, qui, détruit les Bastilles et renverse les trônes, attendra-t-il dans un désespoir inerte, que le froid et la famille aient glacé dans son cœur, dont l’ennemi compte les battements, sa dernière goutte de sang ? – Non ! La population de Paris ne voudra jamais accepter ces misères et cette honte. Elle sait qu’il en est temps encore, que des mesures décisives permettront aux travailleurs de vivre, à tous de combattre Réquisitionnement général. Rationnement gratuit. Attaque en masse. La politique, la stratégie, l’administration du 4 septembre, constituées de l’Empire, sont jugées. Place au Peuple ! Place à la Commune ! »
Le même jour, dans le but de répondre aux accusations de « l’affiche rouge » le gouverneur de Paris adresse la proclamation suivante aux habitants de Paris « Au moment où l'ennemi redouble ses efforts d'intimidation, on cherche à égarer les citoyens de Paris, par la tromperie et la calomnie. On exploite contre la défense nos souffrances et nos sacrifices. Rien ne fera tomber les armes de nos mains. Courage, confiance, patriotisme ! Le gouverneur de Paris ne capitulera pas. Paris, le 6 janvier 1871. Le gouverneur de Paris, Général Trochu ».
En province, avec 100.000 hommes, le prince Frédéric-Charles de Prusse se dirige vers le Mans et reprend l'offensive contre la deuxième Armée de la Loire du général Chanzy. Des combats ont lieu dans le Loir-et-Cher à Azay, Clouseaux, Mazangé, Montoire-sur-le-Loir, Saint-Amand-Longpré, Villechauve, Villiers-sur-Loir, dans l’Eure, à La Fourche, Nogent-le-Rotrou, Thiron-Gardais et dans l’Orne à Coulonges-les-Sablons.
8 janvier 1871 -Combat de Vancé où la 14ème brigade de cavalerie prussienne du général de Voigts-Rhetz se heurte à la cavalerie française (3ème cuirassiers de marche et éclaireurs algériens) qui couvre la droite du général de Jouffroy en retraite. Une charge vigoureuse des éclaireurs algériens dégage les troupes françaises. A cause du verglas les cavaliers mettent pied à terre et se défendent à coups de fusils. A la fin de l'engagement les Algériens comptent dans leur rang une centaine de tués ou blessés.
9 janvier 1871 -Le général Bourbaki attaque et bat les Allemands à Villersexel, ceux-ci inférieurs en nombre, doivent céder le terrain. . « Le contact s'opère dans la matinée du 9 janvier dans la localité de Villersexel, où un détachement français s'est installé la veille. Les prussiens parviennent à déborder les troupes qui tiennent le pont sur l'Ognon, en empruntant une passerelle peu protégée en aval. A 13 heures, Villersexel est occupée par les allemands qui prennent possession du château. Les combats se poursuivent aux alentours, à l'Ouest à Esprels et Autrey-le-Vay, à l'Est à Villers-la-Ville. La contre-attaque française est menée dans l'après-midi par Bourbaki lui-même, le château étant repris à 17 heures après une mêlée confuse où les adversaires s'affrontent au corps à corps. La résistance se poursuit une partie de la nuit, cessant vers 3 heures le 10 janvier avec l'évacuation des troupes prussiennes ». Engagement à Ardenay dans la Mayenne où la 6ème division d'infanterie prussienne du général Von Alvensleben repousse les troupes du général Pâris vers le plateau d'Auvours et occupe Ardenay. Les français y ont 2 officiers et 40 hommes tués, 10 officiers et 210 hommes blessés. Engagements à Connerré, Thorigné-sur-Dué et Chahaignes dans la Mayenne et à Château-Renault dans l’Indre-et-Loire.
10 janvier 1871 -Près du Mans, des combats ont lieu aux villages de Parigné et Changé, qui sont occupés par l’ennemi, à Champagné et à La Chapelle-Saint-Rémy. Capitulation de Péronne.
11-12 janvier 1871 -La deuxième Armée de la Loire composée d’environ 100.000 hommes et commandée par le général Chanzy est battue au Mans, par 85.000 Allemands et 300 canons. La bataille qui débute au matin du 11 va durer jusqu’à la nuit tombée. Le plateau d’Auvours considéré comme la clé du Mans sera l’objet de sanglants combats. Les soldats français de la division Pâris qui le défende sont peu aguerris et le plateau est d’abord perdu puis reconquis par les hommes, des mobiles et le 1er bataillon de zouaves pontificaux, du général Gougeard. Ce dernier fait preuve d’un courage exemplaire, son cheval est tué sous lui, un éclat d’obus traverse son képi mais rien ne semble pouvoir arrêter le général qui charge en tête de ses hommes à l’attaque des collines d’Auvours. A la nuit tombante le plateau est aux mains des Français mais, à ce moment, des renforts prussiens attaquent les mobiles d’Ille-et-Vilaine qui, totalement surpris cèdent à la panique semant le désordre dans les rangs français. Les soldats épuisés, découragés, et très éprouvés par un froid intense s’enfuient. Le 12 janvier à l’aube les Allemands relancent une attaque et le plateau d’Auvours, dont la conquête a demandé la veille tant de sang, est repris. Les Français, épuisés, paniqués ne répondent plus aux ordres et s’enfuient. Désespéré le général Chanzy ordonne une retraite générale pour épargner un effondrement total de son armée. Des combats ont encore lieu dans les rues du Mans en début d’après midi mais la victoire allemande est complète. Le bilan est sanglant et disproportionné. Les Prussiens perdent 3360 hommes, les Français 6000 et 20.000 sont faits prisonniers, portés disparus ou déserteurs et presque 50.000 s’enfuient sur les routes. A la suite de ces désastreuses journées le général Chanzy dirige ce qui lui reste de troupes vers la Mayenne. Le général Chanzy qui commencera, derrière la Mayenne, à réorganiser ses forces à partir du 18 janvier sera arrêté dans cette entreprise par la signature de l’armistice le 26 janvier 1871.
14 janvier 1871 - Dans la Sarthe combats à Beaumont -sur-Sarthe et Chassillé.
Du 15 au 17 janvier 1871 -L'Armée de l'Est du général Bourbaki est défaite à Héricourt. Elle combat 3 jours sur la ligne de la Lisaine et commence une retraite sur Besançon. Les premiers combats s'engagent devant les villes d'Héricourt et de Montbéliard (15 janvier), les villages de Chenebier (16 janvier) et de Frahier (17 janvier). Les troupes pénètrent dans la ville de Montbéliard et attaque le château pour y déloger les Prussiens qui tirent à l'arme lourde. Le petit village de Béthoncourt au nord-est de Montbéliard connaît un douloureux combat durant lequel succombent des bataillons de savoyards et de zouaves. Mais les luttes les plus sanglantes se déroulent devant Héricourt et Chagey.
15 janvier 1871 -L'amiral Jauréguiberry affronte le Général de Schmidt à Saint-Jean-sur-Erve."Il a son cheval tué sous lui par un obus, qui, après avoir traversé le cou de l'animal, blesse mortellement le chef d'état major général du 16ème corps, le brave colonel Béraud. L'amiral tient bon toujours et les soldats électrisés par son exemple, ainsi que les artilleurs en dépit de leurs pertes sensibles, repoussent partout les efforts désespérés des Prussiens étonnés, découragés". Les 6000 soldats français du 16ème corps de la 2ème Armée de la Loire, disposés au-dessus du village de Saint-Jean résistent bien. Le combat dure depuis plus de cinq heures et quand le feu cesse, l'ennemi a perdu plus de deux mille des siens et il renonce à enlever de haute lutte une position si bien défendue. Aussitôt après le combat de Saint-Jean-sur-Erve, le 16ème corps se met en retraite sur Laval.
16 janvier 1871 -Bombardement et occupation d’Avallon (Yonne).
18 janvier 1871 -Aucune percée décisive n'ayant été marquée, le général Bourbaki décide de suspendre les combats et d'opérer la retraite de ses troupes en direction du sud, vers Besançon. Mais prise en tenaille par l'armée de Manteuffel, l'Armée de l'Est est contrainte de dévier sa marche en direction de Pontarlier. Cette retraite sur le plateau du Haut-Doubs, dans le froid sévère et la neige, est tragique, les soldats, affamés, épuisés, décimés par le froid, ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes. Acculée à la frontière suisse, l'Armée de l'Est est prise au piège. Bourbaki tente alors de se suicider et laisse le commandement au général Clinchant, son principal adjoint. Dans Paris assiégé, le pain, qui constitue alors la base de l’alimentation, est rationné : 300 grammes à 10 centimes pour les adultes, 150 grammes pour les enfants au-dessous de 5 ans. Ce pain, officiellement, doit ne contenir que du blé, du riz et de l’avoine, mais il est essentiellement fait de paille moisie hachée. Parfois, les municipalités font des distributions de viande séchée, de haricots, d’huile, de café, mais la misère est vraiment terrible dans les quartiers populaires. Dans la galerie des Glaces du château de Versailles le processus d’unification de l’Allemagne se réalise. Otto von Bismarck proclame l’unité du Reich allemand avec Guillaume Ier de Prusse comme empereur.
19 janvier 1871 -L'Armée du Nord du général Faidherbe, forte de 40 000 hommes, est vaincue à Saint-Quentin. Le général prussien von Goeben et la première armée allemande, 32 600 hommes environ, met fin aux espoirs français de briser le siège de Paris. La supériorité de l’artillerie allemande, 161 canons contre 88 français, fait ici encore la différence. Après une résistance héroïque de près de sept heures, les soldats de Faidherbe refluent en désordre sur les villes de Cambrai et de Valenciennes. De la vaillante armée du Nord il ne reste plus que des débris et le général Faidherbe a perdu tout moyen offensif. Les pertes françaises sont de 3000 hommes tués ou blessés et de 6000 prisonniers. Le même jour l'Armée de Paris, 90 000 hommes et cent-cinquante canons de campagne, commandée par le général Trochu, opère une sortie vers Montretout et Buzenval mais" la sortie torrentielle "porteuse de tant d'espoir est un échec sanglant (5000 morts) et les gardes nationaux subissent de lourdes pertes. Le général Trochu (dont Victor Hugo a dit qu'il était le participe passé du verbe "trop choir") est contraint de démissionner
Le 22 janvier 1871 les parisiens s'insurgent à l'annonce du nouvel échec du général Trochu. Une délégation de manifestants ayant pour but d'influer sur la décision du Gouvernement de la Défense nationale, qui a décidé de la capitulation de Paris, est reçue à l'Hôtel de ville par Gustave Chaudey, adjoint du maire de Paris. Soudain, vers 15 heures, un coup de feu tiré par un provocateur déclenche une fusillade entre les Gardes mobiles bretons, installés dans l'Hôtel de Ville et les gardes nationaux de Paris présents sur la place. On relève 5 morts et quelques dizaines de blessés chez les manifestants. Les principaux chefs de la gauche révolutionnaire sont arrêtés. Les clubs sont interdits ainsi que quelques journaux. Désormais, le gouvernement a les mains libres pour signer la capitulation de Paris. Combats à Dijon. Le pont de Fontenoy-sur-Moselle est détruit par un groupe de francs-tireurs français, créé à l'initiative de Gambetta pour entreprendre des actions contre les lignes de chemin de fer de l'Est, qui fait sauter une mine qui détruit deux arches du pont. Une pile du pont est foudroyée et les deux arches adjacentes s'écroulent. Intervenue trop tardivement cette destruction n'a pas d'influence sur le déroulement de la guerre car l’armistice est imminent. Les généraux allemands persuadés que la population a aidé les francs-tireurs donnent l'ordre d'évacuer et d'incendier le village.
23 janvier 1871 -Favre est à Versailles pour le début des pourparlers de capitulation de la ville de Paris. Ultime combat à Dijon ou Garibaldi attaqué les 21, 22, 23 janvier par 4 000 Prussiens sort victorieux et obtint la satisfaction de la capture, le 23 janvier, d’un drapeau du 61ème régiment poméranien. A Gesvres dans la Mayenne, les mobilisés de la Mayenne du colonel Bournel, environ 80 hommes, et les habitants du pays tiennent tête à 450 Prussiens venus pour incendier le village en représailles d’une aide de la population à la garde nationale qui, les 18 et 19 janvier, a fait 8 prisonniers prussiens. Cette bataille du "Chêne Poteau" dure près de 4 heures et se solde par la victoire des Français qui ont 5 tués et 8 blessés contre une quarantaine chez les Prussiens. Le capitaine de la Garde nationale Joseph Hamard qui dirige cette résistance obtiendra la Légion d’honneur pour sa conduite héroïque lors de la défense de Gesvres.
Le 25 janvier 1871 le gouvernement français donne son accord sur les conditions de l’armistice, qui sera signé par Jules Favre le lendemain. A Laroche, entre Joigny et Tonnerre (Yonne), les hommes du 4ème bataillon des mobilisés de la Nièvre (commandant Robin) et le 2ème bataillon des mobilisés de l’Yonne (commandant Fermier) réussissent à reprendre la gare occupée par l’ennemi et à détruire le pont du chemin de fer. 38 Prussiens sont faits prisonniers dont un officier et deux sous-officiers. Le commandant Panay, avec le 1er bataillon des mobilisés de la Nièvre ayant appris que la gare de Brienon n'était occupée que par une vingtaine d'hommes y conduit les siens (une trentaine d'hommes), les Prussiens ne se défendent pas et dix-sept prisonniers ayant rendu leurs armes sont ramenés à Auxerre.
26 janvier 1871 -Un armistice de 21 jours est conclu entre le gouvernement de Paris et Bismarck, cet armistice sera prolongé jusqu’au 26 février, date à laquelle le nouveau gouvernement signe les préliminaires de paix, prélude au traité de Francfort (10 mai 1871). Le Gouvernement de la Défense nationale fait la déclaration suivant : «Tant que le gouvernement a pu compter sur l’arrivée d'une armée de secours, il était de son devoir de ne rien négliger pour prolonger la défense de Paris. En ce moment, quoique nos armées soient encore debout, les chances de la guerre les ont refoulées, l'une sous les murs de Lille, l'autre au delà de Laval ; la troisième opère sur les frontières de l'est. Nous avons dès lors perdu tout espoir qu'elles puissent se rapprocher de nous, et l'état de nos subsistances ne nous permet plus d'attendre. Dans cette situation, le gouvernement avait le devoir absolu de négocier. Les négociations ont lieu en ce moment. Tout le monde comprendra que nous ne pouvons en indiquer les détails sans de graves inconvénients. Nous espérons pouvoir les publier demain. Nous pouvons cependant dire dès aujourd'hui que le principe de la souveraineté nationale sera sauvegardé par la réunion immédiate d'une assemblée; que l'armistice a pour but la convocation de cette assemblée; que, pendant cet armistice, l'armée allemande occupera les forts, mais n'entrera pas dans l'enceinte de Paris; que nous conserverons notre garde nationale intacte et une division de l'armée, et qu'aucun de nos soldats ne sera emmené hors du territoire.» Attaque infructueuse des troupes armées allemandes sur Les Perches, près de Belfort.
27 janvier 1871 -Capitulation de Longwy. Arrêt des tirs sur Paris, Favre conclue à Versailles les négociations de reddition de Paris.
Le 28 janvier 1871, le Journal Officiel annonce l’armistice dont les clauses sont publiées le lendemain. Paris capitule par la convention de Versailles. Reddition de l'ensemble des forts. La garnison de Paris forte de 180.000 hommes se constitue prisonnière. La ville devra payer 200 millions de francs de contribution.
29 janvier 1871 -Les Allemands prennent possession des forts qui entourent Paris. Combats d’arrière-garde à Sombacourt et Chaffois, dans le Doubs et à Gray dans la Haute-Saône.
30-31 janvier 1871-Derniers assauts de l'Armée de l'Est à La Cluse. Proclamation de Gambetta pour la reprise des hostilités. Retraite de l'Armée de l'Est du général Bourbaki, avec plus de 80 000 hommes vers Besançon, Pontarlier et la Suisse.
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Le premier février 1871, le tout dernier combat de la guerre de 1870 se déroule à La Cluse entre l’avant-garde du 2ème corps prussien et les troupes françaises se repliant sur la Suisse. Au défilé de la Cluse l'action héroïque des 42ème et 44ème régiments d’infanterie, et l'aide des Fort de Joux et du Larmont qui bombardent les Prussiens retardent ceux-ci de quelques heures. Ce délai sera suffisant pour que 87467 soldats, 11800 chevaux, 285 canons et 1158 voitures passent en Suisse où ces hommes commandé par le général Clinchamp, successeur du général Bourbaki qui a tenté de se suicider, sont désarmés et internés. Garibaldi abandonne Dijon avec son corps-franc et la ville passe aux Allemands.
6 février 1871 -Démission de Gambetta à Bordeaux.
8 février 1871 -Élection de l'assemblée nationale française.
Le 13 février 1871 le cessez-le-feu est décrété dans l'Est.
14 février 1871 -Réunion de l'Assemblée nationale à Bordeaux.
17 février 1871 -Adolphe Thiers est élu chef du pouvoir exécutif provisoire. Protestation des fonctionnaires d'Alsace-Lorraine contre la séparation. Le député Keller proteste contre la volonté du Gouvernement français d'abandonner l’Alsace-Lorraine, « comme alsacien et comme français, contre un traité qui est une injustice, un mensonge et un déshonneur ». Il réitère sa protestation le 1 mars. Mais Thiers restera intraitable.
18 février 1870 -Reddition de Belfort sur l'ordre formel du gouvernement français. Lors de la convention de reddition, Denfert-Rochereau et les représentants Belfortains, après d’âpres discussions, arrachent « les honneurs de la guerre, la sortie de la place avec tout le corps d’armée, organisé et approvisionné, afin de pouvoir reprendre la lutte si l’armistice venait à être dénoncé ». Belfort reste à la France, c'est la seule partie de l'Alsace à ne pas être annexée au nouvel Empire allemand.
26 février 1871 -Des préliminaires de Paix sont signés à Versailles.
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Premier mars 1871 -Les Prussiens font leur entrée dans Paris et défilent sur les Champs Elysées désertés. La capitale ressemble à une ville morte, les boutiques, les cafés, sont fermés et même les habitants, qui ont clos leurs volets, semblent invisibles. Les Prussiens évacueront Paris le 3 mars. A Bordeaux , à la tribune de l'Assemblée Nationale, le député Grosjeanau lis ce texte au nom des 27 députés d'Alsace-Lorraine : « Les représentants de l'Alsace et de la Lorraine ont déposé, avant toute négociation de paix, sur le bureau de l'Assemblée Nationale, une déclaration affirmant de la manière la plus formelle, au nom de ces deux provinces, leur volonté et leur droit de rester françaises. Livrés, au mépris de toute justice et par un odieux abus de la force, à la domination de l'étranger, nous avons un dernier devoir à remplir. Nous déclarons encore une fois nul et non avenu un pacte qui dispose de nous sans notre consentement. La revendication de nos droits reste à jamais ouverte à tous et à chacun dans la forme et dans la mesure que notre conscience nous dictera. Au moment de quitter cette enceinte où notre dignité ne nous permet plus de siéger, et malgré l'amertume de notre douleur, la pensée suprême que nous trouvons au fond de nos cœurs est une pensée de reconnaissance pour ceux qui, pendant six mois, n'ont pas cessé de nous défendre, et d'inaltérable attachement à la patrie dont nous sommes violemment arrachés. Nous vous suivrons de nos vœux et nous attendrons, avec une confiance entière, dans l'avenir, que la France régénérée reprenne le cours de sa grande destinée. Vos frères d'Alsace et de Lorraine, séparés en ce moment de la famille commune, conserveront à la France, absente de leurs foyers, une affection filiale, jusqu'au jour où elle viendra y reprendre sa place».
25 mars 1871 -La forteresse de Bitche qui résistait à un siège depuis le mois d'août 1870 ouvre ses portes sur ordre du gouvernement français. La garnison armée quitte la ville en emportant le drapeau confectionné par les habitants pour les défenseurs de leur cité. Le 26 mars 1871, les troupes allemandes pénètrent à Bitche par la porte de Phalsbourg où le commandant Teyssier, qui a soutenu le siège durant sept mois avec moins de 3000 hommes contre une armée de 20.000 prussiens et bavarois bien équipés, remet les clefs de la place au colonel Kohlermann.
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10 mai 1871 -La signature du traité de Francfort [le texte du traité] oblige la France à céder une partie de son territoire ; le Haut Rhin, Le Bas Rhin et une grande partie de la Lorraine. Une somme de cinq milliards de francs-or doit aussi être versée à l'Allemagne. En septembre 1873 cette somme réunie avec deux emprunts est payée.
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9 juin 1871 -Incorporation de l'Alsace et la Lorraine dans le nouvel empire allemand à la suite du vote d'une "loi d’union de l’Alsace-Lorraine" par le Reichstag. Ce territoire devient un Reichsland, « terre d’Empire », administré de Berlin par l’intermédiaire du Statthalter, le gouverneur de Strasbourg. Fin août le gouverneur général, Bismarck-Bohlen, est remplacé par Eduard von Moeller, nommé Oberpräsident (président supérieur) par l’empereur d'Allemagne, qui lui délègue ses pouvoirs pour l’Alsace-Lorraine. Il restera à ce poste jusqu’en 1879. L’allemand devient langue obligatoire et l’enseignement du français sera supprimé dans les classes primaires en 1872.
16 juin 1871 -Parade de la victoire à Berlin. Les troupes prussiennes victorieuses successivement des Danois, des Autrichiens et des Français défilent, musique en tête, sous la Porte de Brandebourg.
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Le 16 septembre 1873 -L'évacuation de Verdun par les troupes allemandes marque la fin de l'occupation militaire. La dette de guerre payée, le territoire français est totalement évacué par les Allemands.
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