Un fusil allemand Dreyse modèle 1862. Ce type de fusil était le premier doté d’un système de chargement par la culasse et, pour la première fois, le fantassin pouvait tirer et recharger en position couchée, ce qui bouleversa totalement les tactiques de l'infanterie. Le fusil Dreyse était plus lourd que le Chassepot français, sa portée était plus courte de moitié et son maniement moins commode et moins rapide.
Le fusil français modèle 1867 était une arme d’un système ancien à piston transformée pour le chargement par la culasse. Une culasse mobile fut ajoutée sur le coté du canon. Les armes de ce type furent nommées fusils à tabatière, le bloc de culasse s’ouvrant comme on ouvre une tabatière. L’armée régulière était, en 1870, équipée du fusil Chassepot mais les troupes auxiliaires et la garde mobile utilisaient encore, pour la plupart, ce genre de fusil.
Soldat prussien armé du fusil Dreyse.
Sergent français avec un fusil à tabatière.
Le casque à pointe est un modèle de casque militaire utilisé par les armées prussiennes et allemandes au XIXe siècle. Il est appelé pickelhaube (bonnet à pointe) en allemand. Sa fameuse pointe était là pour protéger les fantassins des coups de sabre de la cavalerie. Le casque à pointe est conçu par le roi Frédéric-Guillaume IV de Prusse en 1842, et se répand lentement dans les autres principautés allemandes. La Bavière est le dernier royaume allemand à l'adopter en 1887. D'autres pays l'ont utilisé, ou un modèle similaire. Le casque à pointe de base était fait de cuir avec des renforts en métal et la pointe de métal. Le modèle intégralement fait en métal était destiné aux cuirassiers et apparaît souvent sur les portraits de personnalités de haut-rang.
1er janvier 1871
[...] "Savez-vous, dit Paris-Journal quel est en ce moment le suprême bon goût en fait de cadeaux d'étrennes ? Un casque prussien authentique, élégamment doublé de satin gris-perle et rempli jusqu'aux bords de bonbons variés. Ne riez pas ! Imaginé par un confiseur de la rue...(ne donnons point de renseignements à l'ennemi), le casque- bonbonnière fait les délices de nos plus jolies croqueuses de dragées. Des dragées dans un casque, est-ce assez parisien ? L'année suivante, nos confiseurs donneront pour bonbonnières des obus, ce qui sera encore plus parisien."
(Extrait du Mémorial illustré des deux sièges de Paris édité en 1874 à Paris par la librairie du Moniteur Universel ).
Général prussien modèle 1857.
Otto von Bismarck coiffé de son pickelhaube.
Le casque "à chenille" porté par les soldats bavarois en 1870-71.
[…] « Je demandais à l'un des Bavarois (prisonniers) de me faire voir son casque à chenille noire, en cuir durci ; les officiers ne le portaient pas, mais de larges casquettes à visières et galons, comme nos amiraux ; je demandais si le casque était à l'épreuve de la balle, le commandant blessé à l'épaule me répondit que non ».
Le quart qui équipait les soldats français en 1870.
Un curieux petit briquet fabriqué avec deux boutons de col de sous-officier prussien.
Le canon français de 4 livres utilisé en 1870-71, calibre 86,5 mm, pouvait tirer des obus ordinaires à 20 éclats ou des shrapnel (obus à balles) à une portée maximum de 3500 m. Les armées prussiennes utilisaient un canon Krupp en acier se chargeant par la culasse ce qui avait pour avantage d’accroître la rapidité du projectile, mais également sa porté, 3000 m alors que les tirs français devenaient inefficaces après 2000 m. Chaque régiment prussien disposait de trois pièces pour environ mille hommes.
La mitrailleuse de Reffye utilisée par les Français lors de la Guerre de 1870-1871 était actionnée à la main. Ce tout nouvel engin, lourd et mal utilisé ne donna pas les résultats espérés. Cette arme de 13 mm comportait 25 tubes tirant cinq séries de cinq balles. Elle tirait 130 coups par minute et portait à 1100 m, pesant 800 kg, elle était tirée par 6 chevaux.
[...] Les inventeurs ont en ce moment beau jeu. Ils sont déjà quatre au moins pour les cuirasses plus ou moins impénétrables qui doivent protéger la poitrine de nos gardes nationaux. Nous avons aussi la mitrailleuse à vapeur, sur laquelle on lit, dans le Figaro, les détails suivants :
"Une nouvelle mitrailleuse a été expérimentée au polygone de Vincennes.
Cet engin est adhérent à une petite machine à vapeur de la force d'un cheval : c'est elle qui projette la balle. Donc, pas de poudre, pas de cartouches, pas de détonation. On voit tout de suite les nombreux avantages de cette innovation. La nouvelle mitrailleuse, ne s'échauffant jamais, peut fonctionner sans relâche pendant une journée entière, et lancer une quantité indéfinie de projectiles, puisqu'il ne s'agit, pour augmenter le nombre des canons, que d'accroître la puissance de la machine à vapeur.
Une mitrailleuse de la force de trois chevaux pourrait lancer deux cent balles par seconde et tirer sans interruption. Cette mitrailleuse ne doit pas être chargée. Un récipient reçoit les projectiles. On les jette par pelletées, et la machine fait le reste. Il n'y a pas plus de dix jours que le plan de cette machine a été soumis à M. Trochu. Le gouverneur de Paris donna des ordres immédiats pour les essais ; ils ont eu lieu hier, nous croyons pouvoir affirmer qu'ils ont été satisfaisants ; La portée de cette mitrailleuse est à peu de chose près celle du fusil chassepot. L'inventeur est chargé d'en fabriquer deux cents en huit jours".
(Extrait du Mémorial illustré des deux sièges de Paris édité en 1874 à Paris par la librairie du Moniteur Universel ).
La Joséphine, pièce de marine photographiée au bastion 40 pendant le siège de Paris.
Canonniers-marins au fort de Vanves (janvier 1871) et, à droite, canons à Belfort en 1871.
Infanterie wurtembergeoise
Obus allemand à percussion
Dimensions : 19 cm x 8 cm environ,
poids : 3,8 kg (à vide).
Obus français à fusée
Dimensions : 17 cm x 8 cm environ,
poids 3,8 kg (à vide).
Pour un même principe, lancer au loin une masse métallique creuse et remplie d'une charge de poudre, un obus, qui explose en projetant des éclats meurtriers, deux méthodes étaient utilisées en 1870. L'obus allemand utilisait un système à percussion. L'obus tombant sur sa pointe faisait éclater une amorce de fulminate qui mettait le feu à la charge et provoquait l'explosion. Ce système était d'une grande simplicité et très efficace. Les Français utilisaient un système de mise à feu "à fusée" beaucoup plus complexe. La partie supérieure de l'obus, la fusée, était percée de deux canaux ou évents de mise à feu plus ou moins longs remplis de poudre fusante. Selon la distance où devait exploser l'obus (en principe 1500 ou 3000 m) on gardait utilisable un de ces canaux en bouchant l'autre. Au tir la flamme de départ allumait la fusée qui se consumait pendant le parcours de l'obus et faisait éclater celui-ci dans le temps défini.
[...]Pour ceux qui n'ont pas fait la campagne et qui n'ont jamais assisté au tir de grosses pièces se chargeant par la culasse, nous empruntons à M. Jezierski la description suivante : (Il s'agit de pièces de 19 du Mont-Valérien tirant sur Beauregard, 7300 mètres environ). "Les servants de la marine, avec des anspecs, commencent à manoeuvrer l'affût de la pièce, afin de la mettre en direction ; le chef pointeur indique brièvement :" A droite, à gauche, assez." Puis il place l'oeil sur la mire, haute tige de 50 centimètres ; il prend pour objectif un bouquet de bois, qui se détache nettement sur la crête des hauteurs. A l'aide de coins les servants abaissent au niveau indiqué la culasse du canon. Comme épreuve de pointage, le lieutenant de vaisseau commandant la batterie de marine, pose sur le canon son sectangle, dont les deux branches sont écartées selon l'angle donné par la table de tir pour sept mille mètres. Encore quelques rectifications dans la hauteur, puis tout le monde s'écarte. Un marin, droit, immobile, à côté de la pièce, tire brusquement le cordeau de la capsule, la détonation éclate, l'obus siffle ; dix, quinze, vingt secondes se passent ; l'écho nous renvoie la seconde détonation de l'obus, là-bas, chez les Prussiens. Du haut du belvédère voisin, un officier en vigie annonce la direction d'arrivée et indique les rectifications : 50 mètres trop à gauche, ou trop à droite. On recharge la pièce : la culasse est ouverte, écouvillonnée, puis l'obus est introduit au moyen d'un tablier momentanément fixé à l'entrée de l'âme et en face de la gargousse. La culasse est fermée par un obturateur qui s'enfonce dans l'âme, s'adapte exactement aux parois, et se visse à l'intérieur par un tour de clef. La cérémonie recommence."
(Texte extrait de : Histoire de la guerre de 1870-71 par de La Brugère, édité par Arthème Fayard en 1873)
Une pièce d'artillerie bavaroise et ses servants.
Casques à pointe wurtembergeois (à gauche) et badois.
Siège de la ville de Paris. 1870.
Souscription des citoyens offrant des canons à la patrie en danger. (Texte de ce jeton.)
Revolver réglementaire modèle 1858 utilisé par la marine française et, ci-dessous, pistolet réglementaire d'officier français modèle 1833.
.Balle et cartouches de la mitrailleuse de Reffye. Diamètre réel 13mm.
Shako de chasseur (jäger) prussien, "tschako" mecklembourgeois, badois et casque d'officier de dragons bavarois.
Cuirasse de cuirassier de la garde impériale.
Cuirasse d'officier de cuirassés.
En 1870 la cuirasse est en tôle d'acier fondu avec des rivets à tête ronde en cuivre. La "dossière" (partie qui couvre le dos) est moins épaisse que la partie avant, le "plastron". L'échancrure du col, les entournures et les flancs sont bordés d'une gouttière déstinée à éviter le glissement éventuel du coup de pointe de sabres ennemis. Les deux pièces qui constituent la cuirasse sont réunies par une ceinture en cuir noir et deux épaulières en cuir noir, recouvertes d'une chaînette double en cuivre, qui viennent s'agrafer à l'aide d'une chappe en cuivre sur des boutons posés sur le plastron. La cuirasse des officiers ne diffère de celle de la troupe que par les plaques porte-chaînette ciselées en mufle de lion et les cuirs recouverts parfois de maroquin. Les têtes de rivets y sont dorés. Le poids moyen d'une cuirasse est de 6, 385 kg.
Fusil bavarois Podewils modèle 1858-67. Cette arme résultait de la transformation d'un fusil à piston se chargeant par la bouche.
De gauche à droite, balle de Chassepot taille réelle 25 x 11, 6 mm, poids 26 g. Balle de fusils "à tabatière". Balle du fusil Dreyse taille réelle 28 x 13,5 mm, poids 31 g. Cartouche du fusil bavarois Podewils modèle 1858-67 calibre 13, 9 mm.
Sabre de cuirassier modèle 1854.
Fantassin français armé d'un fusil Chassepot.
Canon-obusier de campagne de 12 modèle 1853, longueur 1,91 m, calibre 121 mm. Cette pièce tirait des obus explosifs de 4,1 kg. Poids du canon 626 kg, poids en batterie 1200 kg. Exposé au musée de l'armée à Paris.
Insigne de casque
"à chenille" bavarois.
Pistolet de cavalerie prussien modèle 1851.
Shako français de sous-officier d'artillerie (1870)
Obus allemand à balles (shrapnel).
Fusil Enfield modèle 1853 acheté en Angleterre.
C'est une arme à percussion à chargement par la bouche avec un canon rayé de calibre 14,7 mm.
Fusil Remington Rolling Block calibre 44 égyptien (11 mm) modèle 1866 et sa baïonnette.
Après les désastres de Sedan et Metz, la Prusse s'empare d'une énorme quantité de Chassepots. Le gouvernement de la Défense nationale cherche à les remplacer et ce type de fusil, (entre beaucoup d'autres armes de types et de marques différentes) initialement destinés à l'Egypte, est acheté pour la somme de 110 francs. 149 957 fusils furent livrés, ils équipèrent surtout L'armée de la Loire.
Fusil Spencer calibre 50 (12,5 mm).
Ce fusil fut aussi acheté aux USA par le gouvernement français afin de réarmer ses soldats durant la guerre de 1870-1871. Il s’agit d’un fusil de gros calibre à cartouches métalliques stockées dans un magasin tubulaire amovible de 7 coups. Ces armes ont été notamment utilisées dans l'Armée des Vosges.
Revolver Remington modèle 1858 calibre 44 acheté par la Défense nationale en 1871.
En 1870, les officiers français sont encore équipés de vieux pistolets à percussion comme le pistolet d'officier modèle 1822 T ou le pistolet d'officier modèle 1833.
Devenues obsolètes, ces vieilles armes de poing sont remplacées, le plus souvent, par des armes à plusieurs coups achetées à leurs frais par les officiers français. Les revolvers français Lefaucheux modèles 1854 ci-contre et 1862, en bas, en sont de bons exemples.
Fusil américain Springfield modèle 1863.
Un autre fusil à percussion à chargement par la bouche avec un canon rayé de calibre 14 mm. Ces armes, surplus de la guerre de Sécession américaine furent importés dans plusieurs modèles 1855, 1861 et 1863 ci-dessus.
Revolver français Lefaucheux modèle 1854.
Revolver français Lefaucheux calibre 12 mm modèle 1862.
Revolver français Devisme modèle 1869. Acheté par de nombreux officiers cette arme de calibre 12 mm, à percussion centrale a aussi été utilisée pendant la guerre de 1870-71.
« Nos fusils, du modèle 1822 transformé, se refusaient, la plupart, à tout service. Les accessoires d’arme (lavoirs, huiliers, tourne-vis, tire-balle, etc.) n’ont existé que pour mémoire. Dans le principe, nous avons reçu des cartouchières en basane tellement minces que deux paquets de cartouches les crevaient (l’enveloppe à lettre est le type de cette cartouchière). Dans le courant de décembre, on n’en nous a distribué qui supportaient bien le poids des cartouches, mais une heure de pluie suffisait pour en avarier le contenu, elles étaient en …toile blanche ».
Texte extrait du livre de Grenest "l'Armée de l'Est".
Fusils modèle 1822 T Bis calibre 18 mm, une transformation du modèle 1822 à silex, avec sa baïonnette et sa balle.
Armes réglementaires de Marine, système 1833. Hache d'abordage, poignard, sabre de bord (dit d'abordage) et pique d'abordage.
"La pique d'abordage modèle 1833 est très efficace. Elle est utilisée pour repousser les attaques corsaires. Elle sert à blesser l'ennemi tout en le laissant à distance et à empêcher l'abordage. Longueur totale : 2,49 m".
"Ce poignard est dénommé poignard de marine modèle 1837 dans les aide-mémoire d’artillerie navale de 1850 et 1888, il est communément rattaché au système 1833 avec le sabre, la hache et la pique de marine". Longueur 28,7 cm.
Hache d’abordage réglementaire, modèle 1833. Longueur : 47,5 cm.
Sabre de bord dit "cuillère à pot" modèle 1833. Longueur 80 cm.
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[...]"Voilà nos marins, prompts à l’action, ne se ménageant ni à la besogne, ni devant l’ennemi. Peut-être aussi ont-ils les défauts de leurs qualités ; ils savent mieux dévouer leur vie que la défendre, quelques récits disent qu’ils sont entrés au Bourget le fusil en bandoulière et la hache à la main, offrant leurs poitrines à des tirailleurs savamment embusqués, sans prendre même les précautions qui eussent rendu les chances plus égales". [...]"L'objet de nos efforts était cette fois le Bourget. On eut le tort de lancer contre les barricades et les murs crénelés des soldats, qui marchèrent, la poitrine découverte, contre un ennemi invisible. C'étaient nos marins qui montèrent à l'assaut, comme ils eussent fait à l'abordage, une hache à la main. Rien ne put d’abord résister à l'impétuosité de ce premier choc ; ils enlevèrent d'escalade la partie nord du village et s'y maintinrent longtemps, sous une grêle de projectiles, emportant les maisons une à une. Mais il fallut céder à une artillerie supérieure et se retirer. C'était encore une fois Bayard s'obstinant à combattre, l'épée à la main, contre un ennemi pourvu d'une arquebuse, qui le canardait à cent cinquante pas. Chevaleresque et absurde héroïsme !
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Franc-tireur avec un fusil Remington.