Images d' Épinal modernes (Pellerin 1963).



Bataille de WISSEMBOURG.- 4 août 1870.
Le 4 août 1870, de grand matin, la division française du général Abel Douai, qui campait sur un plateau au milieu des bois de Wissembourg, fut surpris dans son sommeil par l'arrivée soudaine d'un corps d'armée prussien commandé par le prince héréditaire de Prusse. Les Turcos (tirailleurs algériens) étaient les seuls qui fussent debout ; un certain nombre d'entre eux se trouvèrent cernés et furent faits prisonniers ; les autres sautèrent sur leurs armes et soutinrent l'effort de l'avant-garde prussienne jusqu'à l'arrivée de la division.
La bataille dura toute la journée ; elle fut sanglante ; les français, dans une position désavantageuse, luttèrent héroïquement contre des forces supérieures, et firent subir à leurs ennemis des pertes considérables. Mais ils succombèrent sous le nombre, et les débris de cette malheureuse division se retirèrent sur la route de Bitche.- Le général Douai perdit la vie dans le combat.
Texte intégral du bas de cette image d'Epinal.

BATAILLE DE GRAVELOTTE (16 AOUT 1870)
Episode : LES CHARGES DE CAVALERIE
Après avoir repoussé l'ennemi, le 14 août, et lui avoir fait subir, sous Metz, des pertes considérables, le maréchal Bazaine, en opérant sur la route de Metz à Verdun, rencontra de nouveau les prussiens, le 16 août.- La bataille s'engagea vers neuf heures du matin, près du village de Gravelotte.
Le 2me corps et la division de cavalerie Forton, formant l'aile droite, avaient pris position à Vionville, à dix ou douze kilomètres de Gravelotte, la gauche s'appuyait sur le village de Doncourt.
Pendant que la droite des français était violamment (sic) attaquée par le prince Frédéric-Charles, la gauche était assaillie à Doncourt par l'armée du général Steinmetz, venant par thionville et le nord faire sa jonction avec l'armée du Prince.
Mais à droite comme à gauche, les français soutinrent vaillamment le choc, et repoussèrent victorieusement l'ennemi sur toute sa ligne, malgré les forces considérables qu'ils avaient déployées et les vigoureux retours offensifs qu'il essaya à plusieurs reprises.
La bataille de Gravelotte à laquelle plus de 400,000 hommes ont pris part, est peut-être la plus terrible et la plus sanglante de ce siècle.- La lutte a duré jusqu'à la nuit entre 280,000 allemands et 120, 000 français.- Les pertes ont été considérables des deux cotés, et chacune des deux armée s'est attribué la victoire.
L'effet produit par les mitrailleuse a été terrible, surtout à l'attaque de Steinmetz à Doncourt.- Plusieurs bataillons prussiens ont été entièrement décimés, et en certains endroits, les cadavres formaient de véritables remparts qui empêchaient l'artillerie d'avancer.- D'autres étaient si serrés, qu'ils n'avaient pu arriver jusqu'à terre et se tenaient arc-boutés les uns contre les autres.
Quoiqu'il en soit, cette sanglante bataille fait le plus grand honneur aux soldats français, qui, comme dans tant d'autres luttes, ont combattu un contre trois.
Texte intégral du bas de cette image d'Epinal.
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Charge de la cavalerie française (division du général de Forton) contre la cavalerie allemande.-
Le 16 août 1870, l'armée française concentrée à Metz, sous les ordres du maréchal Bazaine, se met en mouvement pour se diriger sur Verdun, et se trouve attaquée à l'improviste par lea allemands qui débouchent des bois de Gorze.
Le 2e corps est surpris dans ses campements et va être écrasé, quand les cuirassiers de la garde se dévouent et, chargeant l'ennemi à plusieurs reprises, l'empêchent pendant une demi-heure de se déployer.
Les 3e, 4e, et 6e corps s'engagent alors. La lutte devient sanglante et acharnée. Pour arrêter les progrès du 6e corps, la brigade de cavalerie prussienne du général Bredow charge à bride abattue sur le centre. Les cavaliers allemands (7e cuirassiers du Rhin et 16e uhlans) se précipitent tête baissée. Ils enfoncent une ligne d'infanterie et une batterie d'artillerie.
A ce moment, la division de cavalerie de Forton se démasque et charge les Prussiens. La brigade de dragons de Murat, son général en tête, pénètre dans les rangs ennemis que le général de Forton fait attaquer en flanc par le 7e cuirassiers. La déroute est complète. De cette charge meurtrière, que les Allemands ont appelée eux-mêmes " la chevauchée de la mort" il ne revint du 7e cuirassiers allemands que 7 officiers et 70 hommes ; du 16e uhlans 6 officiers et 80 hommes.
La lutte se poursuit ; le 73e de ligne anéantit les dragons de la garde royale prussienne ; le 57e de ligne enlève le drapeau d'un régiment prussien.
A la tombée de la nuit, les allemands sont repoussés sur tous les points et notre armée conserve ses positions sur le champ de bataille.
Texte intégral du bas de cette image d'Epinal.

Désastre de Sedan.
L'ex-Empereur Napoléon III se fait prendre et livre aux Prussiens une armée française de 80,000 hommes. (texte de cette image)

1er conseil de guerre. 1re division militaire.- Présidence de M. Le duc d'AUMALE, général de division.
CONDAMNATION A MORT DU MARECHAL BAZAINE
Condamnation à mort du maréchal BAZAINE, commandant en chef de l'armée du Rhin, coupable d'avoir capitulé en rase campagne, d'avoir livré à l'ennemi une armée française de 150,000 hommes, d'avoir rendu la place de Metz avec un immense matériel de guerre et les drapeaux de l'armée française, sans avoir épuisé les moyens de défense dont il disposait et sans avoir fait ce que lui prescrivaient le devoir et l'honneur.- En conséquence, le conseil de guerre condamne à l'unanimité des voix François-Achille BAZAINE maréchal de France à la peine de MORT avec dégradation militaire.
(Cejourd'hui 10 décembre 1873).
M. Le Président de la République a commué la peine de mort prononcée contre le maréchal BAZAINE en vingt ans de détention.
(Texte intégral de cette image des imageries Pellerin à Epinal).

MORT DE L'EX -EMPEREUR NAPOLEON III (Le 9 janvier 1873, à Chislehurst, Angleterre).
L'ex-empereur Napoléon III est mort à la suite d'une opération pour l'extraction de la pierre, maladie dont il souffrait depuis plusieurs années. Après le désastre de Sedan et la chute de l'Empire, il avait fixé sa résidence à Chislehurst, à cinq lieus de Londres., en Angleterre. L'Impératrice, le prince impérial, quelques amis fidèles et d'anciens serviteurs l'avaient suivi dans sa retraite. Durant l'année dernière, la maladie de l'empereur ne fit que s'empirer ; il alla aux bains de mer et en revint plus malade. Il lui fallut renoncer à monter à cheval et à ses promenades à pied et même en voiture.
[...] Le 9 janvier, vers dix heures vingt-cinq minutes, l'empereur s'affaiblit sensiblement, et, vers dix heures quarante-cinq minutes, il rendit le dernier soupir. Cette événement inattendu produisit une grande sensation en Angleterre et dans toutes les cours de l'Europe. Les empereurs de Russie, d'Allemagne, d'Autriche, d'Italie, etc., adressèrent aussitôt, par le télégraphe, leurs lettres de condoléances à l'impératrice et au prince impérial. [...] Après avoir été embaumé, le corps de Napoléon III a été mis dans un triple cercueil, dont un en bois des îles, garni de plomb et capitonné à l'intérieur, recouvert de velours pourpre, fermé par des clous d'argent. Dans son cercueil ouvert et la face découverte, il est revêtu du costume de général de division, avec le grand cordon de la légion d'honneur, la plaque de grand-officier, etc. Les funérailles ont eu lieu mercredi 15, à onze heures du matin. Le char traîné par huit chevaux noirs, était couvert de draperies à franges d'argent et semées d'abeilles d'or. Aux quatre coins, les armes impériales.[...] Le cortège se composait d'environ 800 personnes mais la foule des curieux venus de Londres et de ses environs était immense et dépassait plus de 20,000 personnes. Napoléon III est mort en exil, à l'âge de 65 ans, après avoir, pendant plus de 20 ans, joué un rôle immense, après avoir été l'arbitre de la politique en Europe et, enfin après être arrivé au plus haut degré de la puissance. Toutes les têtes couronnées ont recherché son alliance. Tous les princes et princesses des cours étrangères sont venus visiter Napoléon III aux Tuileries et on été ses hôtes. C'était en 1867, à l'époque de la splendide exposition universelle. L'empire était arrivé au plus haut point de sa prospèrité. Alors, qui aurait pu prévoir que, trois ans plus tard en 1870, l'empire s'écroulerait et que, dans sa chute, Napoléon III entraînerait la France dans des malheurs incalculables.
(Texte tiré de la légende du bas de cette image de l'imagerie Pellerin à Epinal).

La terrible bataille de Gravelotte, commencée à 10 heures du matin, a duré jusqu'a 10 heures du soir. L'armée française s'étendait le long des collines qui couvrent la route de Metz à Verdun, le flanc droit appuyé sur la ferme ou hameau de la Villette, jusqu'à la vallée de Gravelotte, la gauche protégée en arrière par le fort Saint-Quentin. L'armée prussienne était en position sur les collines entre Rezonville et Gravelotte, de l'autre coté de la route de Metz à Verdun. Jusqu'à midi, ce fut, entre les deux armées, un duel d'artillerie, mais l'artillerie allemande, supérieure en nombre et d'un plus fort calibre, l'emporta. Les Prussiens s'avancèrent alors contre les positions françaises, qu'ils attaquèrent avec une grande énergie, mais ils furent repoussés avec des pertes effroyables ; le feu terrible des Français, soutenu par les mitrailleuses, écrasait des régiments entiers. Les Prussiens, recevant continuellement des renforts, attaquèrent trois fois les positions françaises en massant des forces considérables, mais ils furent à chaque fois repoussés en laissant de nombreux morts devant les lignes françaises. Cependant, vers 9 heures du soir; l'artillerie prussienne, étant parvenue à prendre les positions françaises à revers, ouvrit un feu meurtrier qui força les Français à quitter les positions qu'ils avaient si glorieusement défendues depuis le matin. Ils se retirèrent en bon ordre sur Metz. Le roi de Prusse assistait à cette bataille, et la dépêche qu'il adressait le lendemain à la reine Augusta témoigne de l'immensité des pertes subies par les Prussiens. Dans cette terrible journée, l'armée prussienne, forte de 200,000 hommes, en a perdu 18,000. l'armée française comptait environ 120,000 combattants, elle a perdu moins de monde, mais ses pertes sont aussi très-douloureuses.
(Texte intégral du bas de cette image.)




Cette image (Imagerie Marcel Vagné à Nancy) nous raconte la très édifiante histoire d'un jeune berger de 12 ans, Jacques Riou, qui, dans la Somme fin décembre 1870, se porte volontaire pour porter un message oral d'un commandant français à son général. Il réussit à tromper une première fois une patrouille de uhlans prussiens et à accomplir sa mission mais, au retour, il se fait démasquer par un lieutenant prussien. Refusant de trahir son secret, il doit être passé par les armes (châtiment de tous les espions) Mais "Tout à coup une vive fusillade éclate. Tout le monde disparaît et court aux armes sans se préoccuper de l'enfant.-"Les Français !" entend-on de tous cotés, au milieu d'un grand désordre, des cris des blessés et des plaintes des mourants. Enfin le bruit s'éloigne, puis plus rien.
Un capitaine français qui, avec sa compagnie, passe en courant près de l'enfant.- Qu'est-ce ! (Il s'approche, interroge l'enfant, qui, en quatre mots le met au courant de ce qui s'est passé). Le Capitaine (ôtant le bandeau). Bravo enfant, tu t'es conduit en bon français. (Il l'embrasse). Mais tu trembles ! -Riou.- Oui, de froid, mon capitaine".
(Actualités.) Guerre de 1870-1871. BATAILLE DE REICHSHOFFEN-6 août 1870.
Après la retraite de Wissembourg, le maréchal de Mac-Mahon qui devait être soutenu par les corps des généraux de Failly et Ladmirault, se trouva tout-à-coup aux prise avec les forces du prince Royal de Prusse, en avant de la route de Bitche à Haguenau.- Le champ de bataille se trouvait resserré entre la forêt d'Hagenau à l'est et par les dernières chaînes des Vosges à l'ouest, dans un pays très accidenté et couvert de bois.- Le maréchal engagea vigoureusement l'action ; il s'avança jusqu'à Froeschwiller à 2 kilomètres de Reichshoffen ; mais les divisions du duc de Magenta qui comptaient à peine 30,000 hommes; avaient à lutter contre une armée cinq fois plus nombreuse.- Cependant après des prodiges de valeur, vers midi, les Prussiens pliaient et semblaient devoir battre en retraite, lorsqu'ils aperçurent de nombreux renforts (arrivés ?) par les chemins de fer du Palatinat et du duché de Bade.- Le corps de Mac-Mahon attaqué par des forces aussi imposantes dut se replier, et c'est alors que pour couvrir sa retraite, le maréchal ordonna aux cuirassiers des 8me et 9me régiments de charger les masses prussiennes. - A cet appel, la charge sonne, les escadrons frémissent et s'ébranlent, ces braves cuirassiers sachant d'avance qu'ills marchent à la mort, s'élancent contre l'infanterie et l'artillerie prussienne, qui vomissent la mitraille et la mort sur une longueur de plusieurs kilomètres.
Quelques escadrons arrêtés par des houblonnières sont décimés avant d'arriver sur les batteries ennemies ; mais d'autres plus heureux atteignent l'ennemi, enfonvent ses lignes profondes en les sabrant, et ne succombent qu'après avoir été entourés par des masses d'infanterie qui les déciment ou les font prisonniers.
Bien que la bataille de Reichshoffen n'ait pas été à l'avantage des armées françaises, tout cœur français doit rendre hommage à la valeur de nos braves soldats et à l'héroïsme des cuirassiers des 8me et 9me régiments qui, dans cette journée, se sont montrés les dignes émules de leurs devanciers d'Eylau et de la Moskowa.
HONNEUR DONC, MILLE FOIS HONNEUR, AUX 8ME & 9ME CUIRASSIERS.
Texte intégral du bas de cette image d'Epinal.



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Deux épisode de la bataille de Gravelotte. Ci-dessus " Un dragon français, sans casque, continue de se battre, avec cinq blessures à la tête, et fait tomber un lancier allemand "