Général Chanzy à général en chef, à Saint-Jean, et à Guerre, Tours.
Patay, 1er décembre.
Le 16e corps, qui a quitté ses positions à dix heures, a trouvé sur sa gauche l'ennemi fortement établi de Guillonville à Terminiers, par Gommiers; Le combat, engagé à midi, s'est prolongé jusqu'à six heures du soir, malgré la résistance énergique d'une force d'au moins 20, 000 hommes, cavalerie et infanterie, et de 40 à 50 canons. La première division a enlevé successivement les premières positions ennemies, et ensuite celles de Nonneville, Villepion et Faverolles, sur lesquelles elle bivouaque cette nuit.
Partout nos troupes ont abordé l'ennemi avec un élan irrésistible. Les Prussiens ont été délogés des villages à la baïonnette. Notre artillerie a été d'une audace et d'une précision que je ne puis trop louer.
Nos pertes ne paraissent pas sérieuses ; celles de l'ennemi sont considérables. On recueille des prisonniers parmi lesquels plusieurs officiers. Les honneurs de la journée sont à l'amiral Jauréguiberry. L'ennemi s'est retiré dans la direction de Loigny et de Château-Cambray. Je le suivrai demain. Je fais connaître à mon corps d'armée la grande nouvelle de la sortie de Paris. Il saura répondre à ce que le pays attend de lui. Il vient de l'affirmer de nouveau par le combat de Villepion.